Newton : calcul différentiel, gravité et optique

Voici un livre que je préconise à tout amateur d’Histoire des sciences : Isaac Newton, un destin fabuleux, de James Gleick aux éditions Quai des Sciences.

Cette biographie de l’illustre Newton nous replonge dans l’Angleterre du milieu du 17ème siècle encore moyenâgeuse où un homme d’origine modeste et destiné à être fermier dans la campagne environnante de Cambridge a révolutionné la Science. De mon point de vue, Newton a révolutionné les sciences dans le sens où c’est lui qui a séparé science et philosophie en deux approches bien distinctes, l’une basée sur la démonstration mathématique et l’autre basée sur la pensée et la réflexion. Newton fut certainement le dernier à cumuler les rôles de magicien, alchimiste, philosophe, métaphysicien, théologien, mathématicien et physicien. Après Newton, ce fut le siècle des lumières avec ses philosophes d’un coté  (Diderot, Rousseau, Voltaire, etc.) et ses scientifiques de l’autre (Euler, Bernoulli, Laplace, Lavoisier, etc.).

Dans ce billet, je veux simplement aborder brièvement les 3 principales avancées dues à Newton dans les sciences, à savoir le calcul différentiel, la mécanique et l’optique mais il faut souligner que Newton a passé une très grande partie de sa vie (et sûrement la plus grande partie de sa vie) à étudier l’alchimie ainsi que les différentes versions de la bible pour en retrouver les origines fondamentales.

Les Principia MathEmatica

La rédaction de son œuvre majeure et publiée pour la première fois en 1687 à Londres sont les Principes mathématiques de la philosophie naturelle (plus communément appelées Principia Mathematica). Ces Principia Mathematica abordent un grand nombre de sujets dont la célèbre théorie mécanique de Newton, en incorporant la théorie de la gravité universelle. Ces volumes furent réellement le point de départ de la physique moderne en se basant sur l’explication des phénomènes naturels par leurs mises en équations mathématiques, sans en expliquer leur origine métaphysique ou leur cause, c‘est ce que nous appelons aujourd’hui la Physique.

Première édition des Principia Mathematica avec les annotations manuscrites de Newton conservée à la bibliothèque Wren de Cambridge (1687)

Les Principia Mathematica ont été au début très peu diffusés en dehors de l’Angleterre (une centaine d’éditions seulement avaient été éditées) et il a fallu attendre le milieu du 18ème siècle pour avoir accès à ces 3 volumes fondateurs dans le reste de l’Europe comme par exemple avec la traduction française fameuse de Emilie du Châtelet en 1756 (Miss « Pompon Newton » selon Voltaire). J’ai moi-même eu la chance de tenir entre mes mains et de consulter une édition des Principia Mathematica de 1740 conservée à l’université de Valladolid en Espagne à la bibliothèque historique de Santa Cruz. Avec cette publication, Newton devint un des pères fondateurs de la physique, provoquant une rupture avec la Grèce antique d’Aristote et le cartésianisme de Descartes qui prévalaient alors comme références incontestables jusqu’à Newton.

Le calcul infinitésimal

Au milieu du 17ème siècle, les mathématiciens ne savaient guère appréhender les infinis, grands ou petits. Newton s’attaque à ce problème lors de la grande peste de Londres qui fait rage en Angleterre en 1665-1666 et aboutit à une méthode du calcul infinitésimal vers 1669. Malheureusement, il préfère ne pas publier ses résultats. Ce nouveau mode de calcul permet à Newton de calculer la pente (la tangente) de n’importe quelle courbe ainsi que son aire. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le calcul différentiel et intégral. Ces mêmes opérateurs permettront à Newton d’établir les relations nécessaires entre position, vitesse et accélération en mécanique (à moins que ce ne soit la mécanique qui l’ait amené à trouver le calcul différentiel). Il introduit alors la notation de la dérivée à l’aide d’un point au dessus des lettres (notation encore parfois utilisée).

Au même moment, en Allemagne, Leibniz invente également en 1674 et de manière indépendante le calcul différentiel à la différence qu’il mettra en place un système de notation extrêmement ingénieux et qui est toujours utilisé aujourd’hui : il notera la dérivée avec un « d » droit ou un Delta grec pour représenter une différence infiniment petite et le « S » allongée pour l’intégrale. Une bataille entre Newton et Leibniz fera alors rage pour revendiquer cet outil mathématique extrêmement puissant et constituant la base de l’analyse (la discipline mathématiques étudiant les fonctions).

Mécanique

La mécanique newtonienne est aujourd’hui la théorie mécanique la plus utilisée pour les problèmes courants des ingénieurs permettant de calculer les trajectoires, les vitesses et les accélérations lorsque les vitesses mises en jeu sont faibles devant la vitesse de la lumière (après c’est la relativité d’Einstein qui prend le relais).

Le centre de la mécanique développée par Newton est bien entendu la théorie de la gravitation universelle. Elle est qualifiée d’universelle car elle s’applique à tous les objets ayant une masse, du grain de sable au Soleil en passant par les pommes et la Lune: elle explique la trajectoire des boulets de canons, la rotation des planètes autour du Soleil et le mouvement des marées sur Terre à cause de la Lune.

Newton par Noémie

Newton comprend pour la première fois que plus la masse est grande, plus l’attraction est forte et qu’il est bien question d’attraction et non de pulsion comme il était alors question à l’époque. Newton révoque irrémédiablement la théorie de l’éther et des tourbillons de Descartes et clame que cette force d’attraction se propage dans le vide, ce qui déplaît fortement à l’époque. De plus, Newton ne donne pas d’explication de cette force mystérieuse qui s’exerce à distance (en passant, la transmission de la gravité est toujours un mystère et demeure la force la moins bien comprise). Newton identifie également que cette force est inversement proportionnelle au carré de la distance qui sépare les objets et retrouve les conjectures de Kepler par le calcul comme quoi les planètes décrivent une trajectoire elliptiques autour du Soleil. Il effectue même des corrections aux trajectoires de Kepler et permet à Edmond Halley en 1682 d’annoncer le prochain passage d’une comète en 1738 (soit 76 ans plus tard) qui deviendra la comète de Halley, la théorie de Newton sera alors à son paroxysme et fera l’unanimité sur le continent.

Optique

Newton était attaché à une théorie atomique de la lumière, à l’inverse de Huygens qui défendait une théorie ondulatoire (ils avaient en fait tous les deux raison selon la théorie quantique). La théorie défendue par Newton lui vaudra de nombreux débats et controverses à l’Académie Royale de Londres mais Newton fut le premier à comprendre que la lumière blanche était en fait une composition de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel puisqu’en passant dans un prisme, la lumière blanche se décomposait en des pinceaux de lumière de différentes couleurs et qu’il était alors impossible d’en extraire de la lumière blanche à nouveau (on pensait alors que c’est le prisme qui fabriquait les autres couleurs).

Fort de cette théorie, Newton pensait que les télescopes de l’époque utilisant des lentilles (lunettes de Galilée) étaient limités du fait que les couleurs n’étaient pas déviées de la même façon dans les lentilles incurvées. Il inventa alors un nouveau télescope, qualifié de Newton aujourd’hui, utilisant un miroir courbe et permettant un grossissement identique avec un télescope beaucoup plus compact qu’avec les lunettes de Galilée.

 

Un télescope Newton monté sur une monture équatoriale

Pour conclure

Je citerai simplement cette épitaphe et Alexander Pope (1730) pour conclure ce billet :

La Nature et ses lois
Restaient cachées dans la nuit
Et Dieu dit « Que Newton soit ! »
Et alors tout s’éclaircit.

L’Hadronthérapie contre le cancer

C’est en lisant un des derniers billets des Quantum Diaries intitulé La face cachée du CERN que je me suis dit qu’un billet sur l’hadronthérapie serait un sujet très intéressant car prometteur et relativement peu connu du grand public.

La radiothérapie

La radiothérapie consiste à tuer les cellules cancéreuses d’un patient au moyen de radiations. L’idée de la radiothérapie consiste à exploiter le fait que les radiations peuvent détruire les cellules, quelles qu’elles soient. La difficulté est alors de détruire uniquement les cellules cancéreuses pour empêcher leur reproduction sans toucher aux cellules saines de manière à enrayer la maladie sans dommages collatéraux.

Il est à noter qu’aujourd’hui plus de la moitié des cancers sont traités à l’aide de la radiothérapie et que cette seule méthode peut entraîner une guérison complète avec des effets secondaires moindre qu’avec une chimiothérapie.

Les radiations peuvent être produites de 2 manières pour tuer les cellules cancéreuses :

  • La curiethérapie : Un élément naturellement radioactif est introduit dans le patient ou est placé à proximité de la zone à traiter.  Cette technique est utilisée principalement pour traiter les cancers du sein, de la prostate, de l’utérus et de la peau.
  • La radiothérapie externe : Un accélérateur de particules produit un faisceau de particules dirigé vers le patient de manière à irradier les cellules tumorales. C’est cette dernière méthode qui nous intéresse ici.

La difficulté est la suivante : les tumeurs peuvent être situées à la périphérie du corps ou bien enfouies profondément à l’intérieur comme dans le cerveau. Dans ce dernier cas, il faut alors trouver un moyen d’irradier fortement les cellules tumorales à l’intérieur en abîmant le moins possible les tissus alentours. Pour évaluer l’efficacité des faisceaux de particules à tuer des cellules, on calcule l’énergie qu’ils déposent dans les tissus, c’est ce qu’on appelle aussi la dose, qui est proportionnelle aux radiations induites sur les tissus pour les détruire. Il existe alors plusieurs types de radiothérapies externes qui exploitent différents types de rayonnement:

  • Faisceaux d’électrons : pénètrent faiblement dans les tissus et déposent toute leur dose quelques centimètres après le point d’entrée du faisceau dans le corps.
  • Rayons X (photons) : peuvent pénétrer en profondeur dans les tissus mais l’énergie déposée est maximale quelques centimètres seulement après le point d’entrée et diminue ensuite faiblement. Ainsi la majorité des tissus (sains et cancéreux) situés dans l’axe du faisceau sont irradiés fortement ce qui implique de déposer une dose relativement faible sur les cellules cancéreuses pour ne pas trop irradier les tissus sains.
  • Faisceaux de hadrons (protons ou ions carbones) : peuvent pénétrer en profondeur et une grande partie de l’énergie du faisceau est déposée une dizaine de centimètres après le point d’entrée du faisceau dans les tissus. De cette manière, la zone d’entrée du faisceau est peu irradiée, la zone où se situe la tumeur peut être fortement irradiée et la zone située derrière n’est pratiquement pas irradiée.

 Dépôts d’énergie de différents faisceaux (électrons, rayons X, protons) en fonction de la profondeur dans les tissus.

L’hadronthérapie

L’hadronthérapie permet ainsi de tuer des cellules cancéreuses enfouies à l’intérieur du corps comme dans le cerveau sans chirurgie tout en préservant au maximum les cellules saines autour de la tumeur. Mais au fait, c’est quoi un hadron ?

Les hadrons sont une classe de particules sensibles à l’interaction forte, c’est-à-dire à la force qui permet la cohésion des noyaux atomiques. Toutes les particules constituées de quarks comme les protons, neutrons ou n’importe quel noyau atomique sont des hadrons (contrairement aux leptons et aux bosons comme les électrons et les photons, voir mon billet sur le bestiaire des particules pour plus de détails).

Les hadrons ont cette caractéristique de déposer toute leur énergie d’un coup après avoir traversé une certaine épaisseur de matière, c’est ce que les physiciens appellent le pic de Bragg (voir la courbe rouge dans le dessin plus haut). Grâce aux bonnes connaissances que l’homme a acquises sur le fonctionnement de ces particules il est capable de fabriquer des accélérateurs de particules ultra-précis permettant de déposer l’énergie de ces hadrons exactement sur une tumeur de quelques centimètres enfouie au milieu de notre corps. Tout ça pour dire que la recherche fondamentale en physique des particules est indispensable pour développer de telles thérapies et que de très nombreux laboratoires en physique des particules comme le CERN ou GSI collaborent étroitement avec les instituts médicaux pour développer de telles thérapies. Aujourd’hui 2 types d’hadronthérapie existent et une vingtaine de centres en sont équipés dans le monde:

  • La protonthérapie qui utilise des protons. Plus de 30 centres sont opérationnels (à Orsay et à Nice pour la France), voir la liste ici.
  • L’hadronthérapie qui utilise des ions carbones. 5 centres sont opérationnels en  en Allemagne, en Chine et au Japon,  et plusieurs autres centres sont en construction (à Caen et à Lyon pour la France). Les ions carbones sont encore plus précis que les protons et permettent de déposer des doses plus importantes sur les cellules tumorales permettant ainsi de vaincre les tumeurs les plus radiorésistantes.

Salle de contrôle du synchrocyclotron au Centre de Protonthérapie d’Orsay.

Ces centres ont permis de traiter environ 7000 personnes dans le monde ces dernières années contre plusieurs millions par radiothérapie conventionnelle. En effet, cette méthode est relativement récente et est également plus chère que les autres méthodes mais elle est surtout plus difficile à mettre en œuvre à cause des équipements très sophistiqués à mettre en place. Cependant, elle est beaucoup plus précise et permet de soigner des tumeurs qui sont inopérables et non curables par radiothérapies conventionnelles lorsque ces dernières sont localisées près d’organes sensibles. De plus, les hadrons sont beaucoup plus efficaces pour tuer les cellules cancéreuses que les photons, de 2 à 10 fois plus efficaces selon les cas.

L’hadronthérapie est principalement utilisée pour soigner les tumeurs du cerveau non atteignables par neurochirurgie, certains cancers de l’œil qui nécessitaient une énucléation auparavant (extraction de l’œil) et certains cancers chez les enfants qui sont plus sensibles aux radiations et donc plus fragiles face aux techniques de radiothérapies conventionnelles utilisant des rayons X.

Je vous conseille ce petit reportage de 4 minutes sur le centre de radiothérapie de Heidelberg qui est en étroite collaboration avec GSI à Darmstadt: http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-hadrontherapie-une-radiotherapie-specifique-2631.asp?1=1

Radiothérapie avec de l’antimatière ?

Des recherches sont actuellement en cours au CERN à Genève sur la possibilité d’utiliser de l’antimatière, des antiprotons plus exactement, pour traiter les cancers. Cette expérience dénommée ACE pour Antiproton Cell Experiment, étudie comment l’antimatière peut détruire les cellules cancéreuses par annihilation matière/antimatière. Actuellement, l’expérience bombarde des cellules vivantes de hamsters avec des protons puis avec des antiprotons (pour voir la différence), et il apparaît qu’une énergie 4 fois inférieure avec des antiprotons permet de détruire autant de cellules cancéreuses tout en diminuant significativement la dose déposée dans les tissus sains.

L’expérience ACE au CERN étudiant l’effet des antiprotons sur des cellules de hamsters. © CERN.

Si cette expérience est concluante, peut-être que de futurs partenariats permettraient de développer dans quelques décennies une « antiproton thérapie » permettant de soigner des cancers difficiles d’accès en irradiant encore moins les cellules saines autours des tumeurs.

 

Le LHC et le Boson de Higgs

Non ce n’est pas une fable de la Fontaine mais une épopée de la physique moderne : la traque d’une particule invisible par un accélérateur de particules de 27 km de circonférence…

Aujourd’hui à 14h, une conférence donnée au CERN par les 2 porte-paroles des expériences phares du LHC (ATLAS et CMS) faisait un résumé des résultats obtenus grâce à l’accélérateur de particules LHC lors de la campagne de collisions 2011. Je vais donc essayer de vous faire un résumé compréhensible de cette conférence à laquelle j’ai assisté cette après-midi.

Les résultats des 2 expériences indépendantes sont très similaires et indiquent deux grandes tendances:

  • Le modèle standard de la physique des particules fonctionne comme prévu à 7 TeV (l’énergie maximale des collisions du LHC en 2011).
  • Le boson de Higgs n’a plus beaucoup d’endroits où se cacher et il commencerait à montrer le bout de son nez vers une énergie de 125 GeV mais pas encore de quoi annoncer sa découverte.

 Le modèle standard

Le modèle standard de la physique des particules est la théorie physique utilisée aujourd’hui pour décrire la matière et ses interactions. L’objectif des accélérateurs de particules est de tester cette théorie autant que possible pour voir si la nature est bien celle que les physiciens imaginent, voir ce billet que j’ai écrit il y a quelques mois à ce sujet.

Le LHC ouvre à présent une nouvelle gamme d’énergie encore jamais explorée par les accélérateurs et c’est pour cela que les physiciens sont un peu fébriles. Après plusieurs milliards de milliards de collisions effectuées et analysées durant cette année 2011, les particules se sont comportées comme la théorie le prévoit et le modèle standard se trouve ainsi conforté.

 Le Boson de Higgs

Le boson de Higgs est une particule un peu à part dans ce modèle standard car elle permet d’expliquer la masse de toutes les autres particules, constituant ainsi la pierre angulaire de cette théorie. Le problème est que ce boson de Higgs a une section efficace extrêmement faible, ce qui signifie qu’il faut faire des milliards de milliards de collisions pour voir 1 seul boson de Higgs, ce qui explique entre autre pourquoi aucun accélérateur n’a encore été capable de le voir. Voir ce billet qui explique tout ça par rapport à la campagne de collisions du LHC en 2010.

De plus, les physiciens ne savent pas exactement quelle est la masse du Higgs, ou son énergie, rappelez-vous que masse et énergie sont équivalentes selon la relativité restreinte d’Einstein (E= mc²). Plusieurs théories existent et peuvent expliquer le boson de Higgs à différentes énergies mais pour trancher, il faut le « voir » et donc faire des expériences, ceci étant le but du LHC. Les accélérateurs vont donc balayer petit à petit des bandes d’énergies pour voir si le boson de Higgs se cache à l’intérieur.

Deux grands principes sont à garder à l’esprit:

  • Plus l’énergie de la particule recherchée est importante, plus l’accélérateur doit être puissant.
  • Plus la section efficace est petite, plus le nombre de collisions doit être important pour voir statistiquement la particule recherchée.

Le LHC essaye donc de faire le plus de collisions possible à des énergies les plus hautes possibles pour « voir » ce boson de Higgs.

Comment « voir » le Higgs ?

Le boson de Higgs n’est pas directement détectable car sa durée de vie est trop faible. On cherche donc des particules qui pourraient être issues de sa désintégration en d’autres particules. Selon la masse du Higgs (toujours inconnue), les schémas de désintégration sont différents les uns des autres. Dans le cas du LHC, on cherche un boson de Higgs ayant une masse comprise entre 115 GeV et 600 GeV car les accélérateurs précédents ont écarté un Higgs en dessous de 115 GeV, et au dessus de 600 GeV le modèle standard ne marche plus.

Au total, les expériences ATLAS et CMS balayent ainsi une dizaine de schémas de désintégration possibles pour le Higgs. Par exemple dans l’hypothèse d’un Higgs léger entre 110 et 150 GeV, il peut se désintégrer en 2 photons gamma émis dans 2 directions opposées.

C’est cette dernière désintégration qui semble aujourd’hui sortir un peu du lot suite aux observations faites par ATLAS et CMS. Mais encore une fois, pour être certain que les mesures sont fiables, il faut valider statistiquement les mesures accumulées ce qui nécessite une quantité de données absolument gigantesque tant l’évènement de voir un Higgs est rare.

Les 2 expériences ont vu se dessiner un pic dans les collisions analysées qui indiquerait que le boson de Higgs aurait une masse proche de 125 GeV, voir les graphiques ci-dessous. Pour lire ces graphiques,  tant que la courbe noire (mesure) reste dans les bandes jaunes ou vertes, on ne peut rien dire car ces 2 courbes symbolisent l’incertitude des mesures. En revanche, dès que des données commencent à « sortir » de ces bandes, c’est que le Higgs pourrait se cacher à cet endroit.

Résultats préliminaires de ATLAS et CMS dans la recherche du Boson de Higgs dans l’hypothèse d’un boson de Higgs autour de 125 GeV issu d’une désintégration en 2 photons gamma.

Conclusion

Une tendance commence donc à apparaître pour un Higgs vers 125 GeV mais ce n’est pas encore assez pour certifier que le Higgs existe à cette énergie. Pour l’instant ATLAS estime la masse possible entre 116 GeV et 130 GeV et CMS entre 115 GeV et 127 GeV (les zones autour ont été exclues).

Pour valider ce résultat, il faudra accumuler encore plus de données pour voir si ce pic va être lissé ou bien s’accentuer, auquel cas l’existence du Higgs ne fera plus de doute. Si les attentes du CERN pour 2012 sont remplies, il y aura 4 fois plus de données à analyser dans un an et cette accumulation de collisions permettra de trancher la question du boson de Higgs avec 99% de certitude.

Fable à suivre…

C’est l’espace : le CNES a 50 ans !

Le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) a 50 ans cette année et à cette occasion, il publie un ouvrage à mettre entre toutes les mains: C’est l’espace !

Le principe de ce bel ouvrage de 300 pages magnifiquement illustré est de recenser un ensemble hétéroclite de savoirs, d’histoires et de curiosités sous forme encyclopédique avec 101 entrées, de « Actualité » à « Vie ». D’une page à l’autre on voyage en ordre alphabétique, ce qui peut au début surprendre. On passera donc sans problème de Migration à Militaire puis à Mode. Au final, cette lecture parfois décousue permet au lecteur de tomber sur des articles assez inattendus et ce sont généralement de bonnes surprises.

Des sujets variés

Comme on peut l’attendre, les grands succès spatiaux comme Ariane ou Apollo avec le premier pas sur la Lune sont abordés mais les ratés sont aussi au menu comme l’article Désenchantement qui nous rappelle que la conquête spatiale est périlleuse. On gardera en mémoire l’explosion de la navette Challenger en 1986 qui a meurtrie l’Amérique. Au total, 21 astronautes sont morts en mission lors de 4 crashs depuis les débuts de l’aventure spatiale (en 1967, 1971, 1986 et 2003).

Il est bien sûr question des technologies spatiales et de science dans les articles, mais pas seulement. On y trouve des articles artistiques comme Architecture, Art Brut, BD, Chanson, Cinéma, Design, Mode, Publicité, Space Art, des articles politiques avec Bipolaire ou Europe ainsi qu’un grand nombre d’articles plutôt philosophiques tels Cieux et Spatialité. La science fiction est également de la partie avec des articles sur les Cyborgs, la TV, le Cinéma et la Littérature car la science fiction s’est souvent inspirée des technologies de l’espace, mais l’inverse est également vrai.

Personnellement, j’ai été très sensible aux textes des historiens qui nous rappellent que la conquête spatiale est passée par de très nombreuses étapes progressives et pas toujours très glorieuses comme l’histoire de la fusée nazie V2 assemblée par les détenues des camps de concentration et destinée à tuer des civils pendant la seconde guerre mondiale.  On verra d’ailleurs dans un grand nombre d’articles que cette fusée V2 à inspiré toutes les autres puissances spatiales et qu’elle réapparaît souvent.

Au fil des pages, des articles insolites peuvent aussi surgirent tel que Poste où l’on apprend que depuis les années 30, différentes compagnies postales prévoyaient l’envoi de courrier à l’aide de fusées. On s’étonnera de voir que la poste française avait conçu une fusée prototype en 1960 et qu’elle prévoyait d’envoyer le courrier vers la Corse en fusée dans les années à venir! Des articles permettent également de répondre à des interrogations légitimes telles que le Droit juridique dans l’espace ainsi que le Coût et l’organisation de ces gigantesques Projets. Mais ce sont surtout des articles qui nous font rêver en nous faisant des Promesses qui peuplent ce livre accessible à tous.

Cocorico

En dehors des Etats-Unis et de la Russie qui ont été les pionniers de l’espace, on parle évidemment de la France avant tout, puisque le CNES est une entité française et que ce livre se veut un peu comme le témoignage du CNES à la conquête spatiale française. On nous rappelle donc que la France a été la 3ème puissance spatiale mondiale après les USA et l’URSS en 1965 lors du lancement de son premier Satellite Astérix (Cocorico !).

On trouvera par exemple un article sur la base de Hammaguir en Algérie qui a été un terrain d’essai clef pour la France dans les années 50 et 60  ainsi qu’un article sur la venue de Gagarine en 1963 à Ivry-sur-Seine, commune alors communiste. Il est également question de l’antenne géante de Pleumeur-Bodou de 340 tonnes en Bretagne (le radôme), qui permit la première réception télévisuelle transatlantique le 10 juillet 1962 via le satellite Telstar.

Pour conclure

Pour conclure mon billet, j’utiliserai la même conclusion que l’article Cosmologie qui résume bien l’esprit de cet ouvrage qui fera sans doute des heureux à Noël: « Sans la physique, l’astronomie n’a pas de tête, sans le CNES, la physique n’a pas d’ailes. »

Plus d’infos avec des extraits: http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/9642-c-est-l-espace-.php

Le vide

Qu’est-ce que le vide ? L’absence de matière ? Le rien ? Le néant ? La vacuité ? Selon le philosophe, l’ingénieur ou le physicien, la réponse peut varier. Ce billet va donc essayer de faire la lumière sur le vide…

Le vide: question de densité

Quand on veut évaluer la quantité de matière dans un espace défini, on utilise la densité (qui se mesure en kilogramme par mètre cube). Si on considère le vide comme l’absence de matière « pesante », faire le vide parfait consiste donc à avoir une densité de zéro kilogramme par mètre cube. Mais attention, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de matière « pesante » qu’il n’y a rien du tout comme on pourrait le croire de la lumière par exemple, puisque cette dernière n’a pas de masse. La définition devient alors plus ardue… On en reparle à la fin du billet…

 Le vide: question de pression

Cependant, pour évaluer le « vide », on utilise plus volontiers la pression qui est en fait directement liée à la densité: pour un gaz parfait, la pression est proportionnelle à la température multipliée par la densité (P= \rho \cdot R \cdot T). En revanche, si la température diminue, la pression diminue également donc lorsque l’on veut une très basse pression (et donc un vide poussé), il faut d’une part diminuer la densité, et d’autre part la température.

Je vous rappelle que la pression se mesure en pascal. Un pascal est équivalent à une force de 1 newton appliquée à 1 m², comme si on posait une masse de 100 grammes sur un mètre carré (sur Terre). La pression atmosphérique (environ 1 bar) est égale à 100 000 pascals, ce qui correspond à une masse de 10 tonnes par mètre carré sur Terre! Quand vous êtes allongé, il s’exerce donc une masse d’environ 10 tonnes d’air sur vous mais comme à l’intérieur de votre corps il règne une pression équivalente, les forces exercées se compensent et c’est pour cette raison que nous ne ressentons pas vraiment ces 10 tonnes d’air…

En revanche, dans un pneu de voiture gonflé à 2 bars, la pression différentielle entre la pression dans le pneu et la pression à l’extérieure est de 1 bar et il s’applique alors effectivement une force équivalente de 10 tonnes par mètres carré. De même, si vous faites le vide dans une enceinte (le vide parfait correspondrait à une pression égale à zéro), il s’exerce une force d’environ 10 tonnes par mètre carré.

Conclusion: lorsque vous voulez faire le vide dans une enceinte, cette dernière doit être suffisamment résistante mécaniquement pour supporter la différence de pression entre les 2 côtés des parois.

 Des molécules qui s’agitent

La pression est en fait due aux chocs des molécules contre les parois d’une enceinte. A 1 bar et à 20°C, les molécules d’air se déplacent en moyenne à 1700 kilomètres/heure et parcourent en moyenne 70 nanomètres (70 milliardième de mètre) entre 2 chocs, autant vous dire que notre air qui nous paraît si anodin est le théâtre d’un flipper géant à grande vitesse. Si la température et si la pression baisse, la vitesse des molécules va diminuer naturellement et la distance entre 2 chocs également. Par exemple, pour 0.1 pascal, les molécules parcourent 5cm entre 2 chocs et à 0.0000001 pascal, nos petites molécules parcourent 500 km avant de se rencontrer !

 Distribution des vitesses pour des molécules de diazote à différentes températures. © V. Baglin, Vacuum in Accelerators.

 Le vide de l’ingénieur

Pour l’ingénieur, la définition du vide est simplement l’absence de matière mais dans une moindre mesure. On parle de différentes qualités de vide selon la pression qui est directement liée à la densité ou au nombre de molécules par centimètre cube. N’oublions pas que dans l’air que nous respirons à 1 bar, il y a environ 10 milliards de milliards de molécules par centimètre cube !

  • Le vide primaire est défini par une pression de l’ordre de 100 pascals (soit mille fois moindre que la pression atmosphérique). Dans ce cas, un cm3 contient tout de même encore 10 millions de milliards de molécules !!!
  • Le vide moyen est entre 0.1 et 100 pascals.
  • Le vide secondaire a une pression comprise de 0.1 à 0.00001 pascal (soit encore un milliard de molécules par cm3).
  •  L’ultra-vide se situe entre 1 milliard et 10 000 molécules par cm3 (entre 10-5 et 10-10 pascal).
  • L’ultra ultra-vide est à moins de 10 000 molécules par cm3. Le trajet moyen d’une molécule avant d’en rencontrer une autre est alors d’environ 100 000 kilomètres et la pression est inférieure à 10-10 pascals (0.0000000001 pascal).

A titre de comparaison, la pression sur la Lune est de 10-7 pascal, c’est donc un ultra-vide (on sait d’ailleurs reproduire un tel vide sur Terre). En revanche, dans le vide interstellaire (entre les étoiles, loin de tout objet céleste) la pression est d’environ 1 atome par cm3, chose que l’homme n’a jamais réussi à atteindre sur Terre.

Comment faire le vide ?

Eh bien c’est très facile, il faut faire comme les Shadoks : Pomper, Pomper, Pomper ! Il existe différents types de pompe, chacune ayant ses particularités pour différentes qualités de vide. Les pompes sont utilisées en différents étages et pour différentes utilisations. Elles peuvent être utilisées seulement pendant la phase de pompage ou uniquement pour maintenir le vide. En effet, il ne suffit pas de faire le vide une fois et de mettre un bouchon pour maintenir le vide car tous les matériaux « dégazent », c’est-à-dire qu’ils libèrent naturellement des molécules. Ce phénomène diminue lorsque la température diminue mais reste néanmoins toujours présent. Je ne vais pas entrer dans les détails des différentes pompes mais simplement vous en présenter une que j’aime bien.

La pompe turbomoléculaire est une pompe permettant de faire un vide secondaire, voir un ultra-vide jusqu’à 1 milliardième de pascal. Elle est généralement utilisée pendant la phase de pompage pour « faire » le vide, pas pour le maintenir. Le principe de cette pompe consiste à frapper les molécules qui passent dans la pompe avec des roues à ailettes qui tournent à très haute vitesse pour les envoyer dans une direction bien précise. Les ailettes ont des tailles différentes permettant de « percuter » des molécules de tailles différentes (hélium, argon, diazote, dihydrogène, etc.). Pour vous donner un ordre d’idée, une pompe turbo tourne à environ 36000 tours par minute, soit 600 tours par secondes, ce qui correspond à une vitesse à l’extrémité des ailettes de plus de 720 km/h (2/3 de la vitesse du son). Les ailettes peuvent être montées sur roulement à billes pour tourner mais désormais, un système magnétique permet de faire tourner les ailettes sans frottement en les faisant léviter dans un champ magnétique.

Les applications du vide

Une question importante: à quoi sert le vide ? Eh bien, à de très nombreuses applications en matière d’ingénierie ou de recherche. En voici quelques exemples :

  • Toutes les techniques de dépôts de couches minces se réalisent sous vide comme la réalisation de couches minces pour les verres antireflets des lunettes ou pour les revêtements de matériaux très techniques dans les voiliers ou les formules 1.
  • La fabrication de circuits intégrés et de composants électroniques se fait également sous vide pour éviter la pollution des circuits avec des impuretés.
  • Les accélérateurs de particules nécessitent un ultra-vide pour permettre la circulation de faisceaux de particules sur plusieurs kilomètres sans provoquer de chocs avec des molécules résiduelles. A titre d’exemple, le vide pour les faisceaux du LHC est de 10-9 pascal sur 27 kilomètres !
  • De nombreuses expériences de physique utilisent des vides secondaires voire des ultra-vides pour différentes expériences à très basse température et pour limiter les interactions avec d’autres molécules, particulièrement en physique quantique.
  • La cryogénie nécessite un vide secondaire pour l’isolation thermique et réduire les pertes thermiques par convection.
  • Le Microscope Electronique à Balayage (voir ce billet pour plus de détails)
  • Le Microscope à Force Atomique pour manipuler les atomes un à un.

 Physique Quantique

En physique quantique le vide est défini comme « un état dans lequel tous les champs ont une énergie minimale ». Le vide est donc plein d’énergie, c’est ce que l’on appelle le vide quantique. Cela signifie qu’en physique quantique le « rien » n’existe pas. Une absence de matière peut donc être envisagée théoriquement (quant à la pratique, c’est impensable) mais une absence d’énergie est totalement exclue dans les théories modernes de la physique. Le simple fait d’avoir un champ électromagnétique (de la lumière) montre bien que même un espace dépourvu de matière n’est pas vide.

 La force de Casimir

Désolé, rien à voir avec l’île aux enfants et la grosse peluche jaune. Cette force du vide tire son nom du physicien néerlandais Hendrik Casimir (1909-2000) qui l’avait prédite en 1948 et qui fut observée 10 ans plus tard en laboratoire alors que les technologies avaient suffisamment évolué.

 

La prédiction de Casimir (le physicien) était la suivante : « Si on place parallèlement 2 plaques conductrices non chargées dans vide à une faible distance l’une de l’autre, une force tend à rapprocher les 2 plaques ». Cet effet est directement lié aux énergies du vide quantique et a été observé un grand nombre de fois en laboratoire. Comme quoi le vide n’est jamais vide !

Bref, vous l’aurez compris, la maxime : « la nature a horreur du vide » est une réalité car la nature tend à remplir le vide de manière à équilibrer les pressions et le vide n’est jamais vraiment vide… Einstein a notamment écrit que « les objets physiques ne sont pas dans l’espace, mais ces objets ont une étendue spatiale. De la sorte, le concept d’espace vide perd son sens».

La Science pour Tous: Nouvelle formule

Bonjour a Tous et bienvenue sur la nouvelle version de La Science pour Tous, désormais intégrée sur la nouvelle plateforme du c@fé des Sciences.

C’est donc désormais parti pour de nouvelles aventures scientifiques avec cette nouvelle version où Noémie va continuer à m’accompagner pour les illustrations.

CLOUD : les physiciens dans les nuages

On pourrait penser que les physiciens et les climatologues savent parfaitement comment les nuages se forment dans notre atmosphère… Eh bien non !

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Des physiciens fabriquant des nuages. © Noémie.

Il y a encore de nombreuses inconnues et nous ne savons toujours pas expliquer pourquoi nous observons autant de nuages ! Les modèles climatiques doivent d’ailleurs être corrigés « à la main » pour les phénomènes de création des nuages.

Les Aérosols et les nuages

Il y a dans notre atmosphère des aérosols autour desquels de la vapeur d’eau se condense sous forme de gouttelettes pour former un nuage.

Les aérosols sont de petites particules solides de l’ordre du milliardième de mètre (nanomètre) en suspension qui sont d’origines naturelles ou industrielles. Certains aérosols sont dangereux pour la couche d’ozone (comme les chlorofluorocarbures aujourd’hui interdits dans les bombes aérosols) mais d’autres sont inoffensifs comme les

aérosols soufrés
produits entre autres par les incendies de forêt ou la combustion de carburants fossiles dans nos voitures. Ces aérosols permettent la formation des nuages et luttent contre le réchauffement climatique puisqu’ils renvoient la lumière du soleil.  Certains scientifiques estiment d’ailleurs que le rejet d’aérosols par l’activité économique humaine compense le réchauffement climatique entraîné par les gaz à effets de serre. Des études montrent également des différences sur la formation de nuages entre les jours de la semaine et les week-ends à cause de l’activité humaine.

CLOUD

« Cloud » signifie « nuage » en anglais, mais c’est aussi un acronyme pour « Cosmics
Leaving OUtdoor Droplets 
», une expérience menée au CERN par des physiciens pour mieux comprendre comment les nuages se forment, ou plutôt comment les aérosols sont créés dans l’atmosphère. En effet, aujourd’hui la quantité des différents gaz sous forme de vapeur dans l’atmosphère ne peut pas expliquer à elle seule la création d’autant d’aérosols, et donc d’autant de nuages: un autre phénomène doit avoir lieu pour créer ces aérosols.

L’expérience CLOUD dans le complexe du PS au CERN. © CERN.

La réponse viendrait peut être du cosmos qui nous bombarde constamment de particules énergétiques appelées « rayons cosmiques », découverts au début du 20ème siècle.  Ces rayons cosmiques pourraient, lorsqu’ils traversent notre atmosphère, être responsables de la création d’aérosols entraînant la formation de nuages.

Les physiciens de CLOUD reconstituent un milieu proche de celui de l’atmosphère à différentes altitudes avec des concentrations de gaz extrêmement précises dans différentes chambres. Un accélérateur de particules du CERN, le Proton Synchrotron (PS) est ensuite utilisé pour générer des faisceaux de particules énergétiques (des pions) équivalents à des rayons cosmiques pour bombarder la chambre et observer le résultat. L’analyse des données doit permettre de mieux expliquer la formation de certains aérosols et à améliorer les modèles sur l’impact des aérosols sur le climat en général.  

cloud chamber

Chambre interne de l’expérience CLOUD. © CERN.

CLOUD est une collaboration internationale regroupant 18 instituts de 9 pays dont le CERN où a lieu l’expérience. Pour la petite info, c’est dans mon groupe de travail qu’est élaboré le système de contrôle de CLOUD manipulant tous les différents gaz pour obtenir des mélanges proches de ceux observés dans l’atmosphère.

Pour plus d’info sur les dernières trouvailles de CLOUD :

De l’antimatière pour propulser une fusée dans l’espace?

Au mois de novembre 2010, une équipe du CERN avait réussi à mettre de l’antimatière en boite  pendant quelques fractions de secondes et au mois de mars 2011 c’est pendant 20 minutes que les physiciens ont capturé de l’antihydrogène dans un piège…

antimatière-1L’antimatière a toujours interpellé les auteurs de science-fiction depuis sa découverte dans les années 30 étant donné que l’énergie produite par la rencontre de matière et d’antimatière est colossale. Voilà une nouvelle qui relance l’idée de savoir si l’antimatière pourrait un jour être utilisée pour la propulsion spatiale comme dans Star Trek.

antimatière-2Mesurer l’énergie

L’énergie se mesure en Joule mais cette unité n’est pas très commode et peu représentative. Pour avoir une unité de mesure plus parlante et pour comparer les énergies facilement, on parlera plutôt en kilogramme équivalent pétrole ou « kep » qui correspond à l’énergie calorifique que l’on peut extraire d’un kilogramme de pétrole. Pour information, 1 kg de pétrole permet de produire 42 millions de Joules sous forme de chaleur lorsqu’on le brûle (combustion). Pour se rendre compte de ce que cela représente, un européen moyen consomme en moyenne 10 kep par jour.

 uss enterprise

L’USS Enterprise de Star Trek fonctionne à l’antimatière.

A titre de comparaison, la fission nucléaire exploitée dans nos centrales nucléaires permet de récupérer environ 10 000 kep par kilogramme d’uranium, soit une concentration énergétique bien supérieure qu’avec la combustion du pétrole. De même, la fusion thermonucléaire qui se produit dans les étoiles et qui pourrait être à long terme une nouvelle source d’énergie pour l’homme sur Terre (voir (voir ITER) permet de récupérer environ 15 millions de kep dans un kilogramme de mélange Deutérium-Tritium.

Et l’antimatière alors ? Selon la célèbre formule E=mc² d’Einstein, 1 kg de matière contient potentiellement 90 millions de milliards de Joules, soit 2 milliards de kep, ce qui correspond à une densité d’énergie 2 milliards de fois supérieure au pétrole et 200 000 fois supérieure à l’uranium avec la fission nucléaire de nos centrales.

Petit résumé des équivalents énergétiques:

  • 1 kg de bois (par combustion) = 0,3 kep
  • 1 kg de charbon (par combustion) = 0,7 kep
  • 1 kg de fioul (par combustion) = 0,95 kep
  • 1 kg d’essence (par combustion) = 1,05 kep
  •  1 kg d’uranium naturel (par fission nucléaire) = 10 000 kep
  • 1 kg de Deutérium-Tritium (par fusion thermonucléaire) = 15 millions de kep
  •  1 kg d’antimatière (par annihilation matière-antimatière) = 2 milliards de kep

Exploiter l’antimatière

Pour comprendre ce qu’est l’antimatière, je vous invite à lire un de mes billets précédents sur l’antimatière mise en boite au CERN.

Sur le papier, la solution de l’antimatière pour notre avenir énergétique parait bien évidemment la meilleure. Mais deux grands problèmes se posent (et pas des moindres) :

  • Comment créer des quantités suffisantes d’antimatière sans dépenser trop d’énergie
  • Comment stoker l’antimatière

Aujourd’hui, l’antimatière est créée dans des accélérateurs de particules en quantité infime et il faut dépenser beaucoup (mais alors beaucoup) plus d’énergie que ce que la quantité d’antimatière pourrait produire. En bref, ce n’est absolument pas rentable. De plus, pour la stocker, il faut fabriquer un piège bien particulier pour maintenir l’antimatière en lévitation dans le vide car le moindre contact avec de la matière ordinaire l’annihile instantanément.

Pour vous rendre compte des ordres de grandeurs, dans un kilogramme d’hydrogène, il y a environ 602 millions de milliards de milliards d’atomes. Il faudrait donc créer autant d’antihydrogènes pour pouvoir faire 1 kilogramme d’antimatière. Or, quand une expérience du CERN annonce avoir réussi à confiner de l’antimatière pendant 16 minutes, ce n’est pas 1 kilogramme mais seulement 309 antiatomes ! L’énergie pouvant être extraite de ces 309 antiatomes est de l’ordre d’un millième de milliardième de milliardième de kep (1.10-15 kep), soit rien du tout. Je précise que pour accomplir cet exploit, on a dû consommer une énergie colossale en comparaison à ces quelques antiatomes…

CERN AlphaL’expérience alpha du CERN qui a capturé 309 antihydrogènes pendant 1000 secondes. © CERN.

Le CERN a produit a peu près un milliardième de gramme d’antimatière durant ces 10 dernières années pour un coût estimé de plusieurs centaines de millions d’euros. On voit bien que cette solution n’est aujourd’hui absolument pas envisageable comme source d’énergie.

Une fusée qui carbure à l’antimatière

Pour propulser une fusée, la problématique est différente car on ne cherche pas à faire de l’énergie la moins chère possible sans polluer mais à embarquer un minimum de carburant pour un maximum de puissance. L’antimatière se relève alors être une excellente candidate. Pour mieux vous rendre compte, une mission vers la planète Mars doit embarquer environ 250 tonnes de carburant conventionnel (hydrogène et oxygène liquides) pour un voyage de presqu’une année alors que 10 milligrammes d’antimatière seraient suffisants pour aller sur mars en 1 mois seulement selon la NASA [source]. Toujours selon la NASA, un coût de 250 millions de dollars serait suffisant pour produire ces 10 milligrammes d’antimatière (sous forme de positrons) avec les technologies actuelles. Dans ce cas, cette solution pourrait être envisagée mais tout de même coûteuse.

NASA schema

Schéma de principe du moteur à antimatière pensé par la NASA pour aller sur Mars. © NASA.

En fait, les « moteurs à antimatière » actuellement à l’étude n’utilisent pas forcément directement l’énergie d’annihilation matière/antimatière pour la propulsion mais exploitent les rayonnements énergétiques (appelés rayons gamma) qui sont produits lors de la rencontre matière/antimatière. Ce rayonnement permet alors de chauffer un fluide comme l’hydrogène. Cependant, il faut tout de même fabriquer cette antimatière avant sur Terre et l’embarquer dans ce moteur et cela est encore loin d’être possible avec les technologies actuelles mais sûrement pas impossible à long terme. Affaire à suivre.

Pour aller plus loin:

Endeavour vient d’emmener AMS-02 dans l’espace

Aujourd’hui à 14h56 heure française, le détecteur AMS-02 vient de quitter la Floride à bord du dernier décollage de la navette spatiale américaine Endeavour.

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Décollage de la navette Endeavour cette après-midi avec le détecteur AMS à son bord. © NASA.

AMS-02 est un détecteur de particules de 8,5 tonnes élaboré par une collaboration internationale regroupant 56 instituts originaires de 16 pays ainsi que La NASA, plusieurs agences spatiales et le CERN (Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire). La construction du détecteur aura durée 12 ans (depuis 1999) et coûté 1,5 Milliards en dollars. AMS sera arrimé à la station spatiale internationale ISS à 300 km d’altitude et devrait fonctionner pendant une dizaine d’années avant de revenir sur Terre vers 2020 lorsque la station internationale sera démantelée.

 AMS cern

Le détecteur AMS lors de son assemblage au CERN en Juillet 2010. © CERN.

 A quoi ça sert ?

La mission d’AMS a pour objectif principal de découvrir si l’Univers renferme de l’antimatière. En effet, la théorie du Big-bang indique que l’Univers doit contenir autant de matière que d’antimatière alors que les astronomes n’observent que de la matière, d’où le mystère : où est passé l’antimatière ?? (Voir un de mes billets précédent sur l’antimatière). Pou cela, AMS embarque une série de détecteurs capables d’identifier avec certitude de l’antimatière, plus précisément des anti-héliums (des antiatomes d’hélium contenant 2 antiprotons, 2 anti-neutrons et 2 positrons) qui pourraient être issus d’une « anti-étoile », voir d’une « anti-galaxie ». AMS-01 qui s’était envolé à bord de Discovery en 1998
avait déjà cherché ces atomes d’anti-héliums mais AMS-02 doit conforter ce résultat avec une sensibilité accrue qui permettrait définitivement aux astrophysiciens de faire une croix sur l’existence d’antimatière dans l’Univers.

Un autre aspect de la mission AMS est la découverte éventuelle de matière noire. Un autre problème des astrophysiciens est le manque de matière dans l’Univers (décidément, que de problèmes pour ces astrophysiciens !). Une des théories candidates pour expliquer ce manque serait une petite particule appelée neutralino que le détecteur AMS pourrait également détecter (en fait, le détecteur ne détecterai par directement cette particule mais le produit de collision
entre ces particules).

Le dernier volet d’AMS est d’apporter une meilleure connaissance sur les rayons cosmiques. De nombreux phénomènes, parfois très énergétiques et violents, ont lieues dans l’espace et génère des particules très énergétiques qu’on appelle rayons cosmiques et qui voyagent à travers l’Univers. Ces rayons cosmiques bombardent ainsi la Terre de manière constante. Cependant, lorsque ces rayons cosmiques arrivent dans l’atmosphère terrestre, ils se désintègrent en de multiples particules moins énergétiques et nous ne recevons sur Terre que les produits de désintégration de ces particules. Heureusement que notre atmosphère nous protège car ces rayons cosmiques peuvent être dangereux
pour l’homme et représente un danger réel pour les astronautes, plus particulièrement s’ils sont exposé sur de longues périodes comme lors d’un éventuel voyage habité sur Mars. AMS devrait donc permettre de mieux comprendre ces rayons cosmiques sur de longues durées.

Gerbe

Chaine de désintégration d’un proton énergétique dans l’atmosphère (rayon cosmique)

Comment ça marche ?

AMS signifie « Alpha Magnetic Spectrometer », car ce détecteur de particules est en fait un spectromètre alpha équipé d’un aimant générant un important champ magnétique. Un spectromètre, c’est en fait un instrument capable de séparer le spectre de différents rayonnements et on parle de spectromètre alpha car ce détecteur s’intéresse à des particules alpha (hélium ou anti-hélium) issues de certaines réactions nucléaires.

Le champ magnétique est généré par un aimant permanent de 0,15 Tesla (3000 fois le champ magnétique terrestre) permettant de dévier les particules chargées de manière à séparer matière et antimatière ainsi que pour calculer le moment des particules (leur masse multipliée par leur vitesse). La solution d’utiliser un aimant supraconducteur refroidi avec de l’hélium superfluide à 1,8 K (-271 °C) a été étudiée mais finalement abandonnée à cause de tests non concluants.

 AMS sc

L’aimant supraconducteur de AMS-02 au CERN qui ne sera finalement pas utilisé. © CERN.

AMS est constitué d’une dizaine de sous-détecteurs ayant chacun un rôle précis. Il y en a un pour détecter les électrons et les positrons (TRD), un avertisseur de rayons cosmiques (ToF), un détecteur permettant de tracer les trajectoires des particules chargées (Tracker), un détecteur pour mesurer la vitesse des particules (RICH), un autre pour mesurer l’énergie des électrons, positrons et rayons gammas (ECAL). A cela s’ajoute un « anti coincidence counter » (ACC) permettant de sélectionner seulement les particules intéressantes ainsi que des systèmes d’alignement et de positionnement (TAS, Star Tracker et GPS).

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AMS : un ensemble d’une dizaine de sous-détecteurs. © AMS.

 L’ensemble des données des différents sous-détecteurs permet ensuite d’identifier avec certitudes les différentes particules ayant traversées les différentes couches. Le principe est un peu le même qu’un détecteur de particules « classique » tels ceux que l’on peut voir dans les accélérateurs de particules comme au CERN mais celui là est conçu pour pouvoir fonctionner dans l’espace et pour résister à la violence d’un décollage de fusée, ce qui impose des contraintes très fortes sur ce petit bijou
technologique.

IL n’y a plus qu’à attendre  qu’AMS soit fixé à la Station Spatiale Internationale et commence son travail de mesure qui sera minute par minute suivi par l’ensemble de la collaboration depuis une salle de contrôle () pein construite) dédiée à AMS-02 au CERN (à cent de mètres de mon bureau d’ailleurs). J’essaierai d’en reparler dans 10 ans sur ce blog.

L’astrophysique : la physique des astres

J’ai une petite nièce qui veut devenir astrophysicienne, un métier qui peut faire effectivement rêver, mais en quoi consiste le métier d’astrophysicien ?

simu magneto

Premièrement, il faut distinguer les différentes disciplines de l’étude des astres (« astro » en grec) de manière à bien positionner les disciplines les unes par rapports aux autres. A noter que je ne parlerai pas de l’astrologie qui n’est pas une science mais un ensemble de croyances et de traditions humaines qui peuvent varier selon les civilisations.

L’astronomie

L’astronomie est la science qui s’occupe de l’observation et de la mesure des propriétés des astres (leur distance, leur taille, leur intensité, leur composition chimique, etc.) ainsi que de tous les phénomènes extra-terrestres. L’astronomie est donc essentiellement basée sur les techniques d’observation comme les télescopes permettant de détecter des rayonnements électromagnétiques (la lumière, les ondes radios, etc.) issus des différents astres. Voir un précédent billet sur La nature de la lumière ou l’électromagnétisme pour plus de détails
sur le rayonnement électromagnétique.

VLT

Le plus grand système de télescopes du monde en fonctionnement: le
Very Large Telescope (VLT) situé sur un plateau à 2635 m d’altitude au Chili © ESO.

L’astronomie est un domaine très vaste contenant de nombreuses disciplines. On peut distinguer les disciplines selon le type de rayonnement observé (astronomie visible, radio, infrarouge, gamma, neutrino, X, ultraviolet, gravitationnelle) ou selon le type d’objet observé comme les planètes, le soleil, les étoiles, notre galaxie, les objets hors de notre galaxie (galaxies, pulsars, super novae, trous noirs, quasars, etc.). Toutes ces disciplines utilisent des technologies bien spécifiques pour observer et mesurer ces différents objets célestes.

L’astrophysique

L’astrophysique, comme vous l’avez sûrement compris, est un mélange d’astronomie et de physique. Plus précisément, l’astrophysique est une branche entière de la physique s’intéressant à tous les phénomènes physiques qui se produisent dans l’espace.
La différence avec l’astronomie est que l’astrophysique a pour mission d’expliquer les phénomènes mis en jeu au sein des astres et de l’Univers alors que l’astronomie s’intéresse à leur observation. On trouve ainsi différentes branches en astrophysique, selon le sujet d’étude ou selon la théorie utilisée pour expliquer les phénomènes.


La planétologie est la science qui étudie toutes les planètes et autres corps en
orbite
autour d’une étoile comme les satellites naturels, les astéroïdes, les comètes, les micrométéorites (poussières de moins d’un gramme). Il est donc question ici des objets de notre système solaire (la Terre et la Lune incluses) mais également des planètes situées en dehors de notre système solaire depuis la découverte de la première exoplanète en 1995. La planétologie est fortement pluridisciplinaire puisqu’elle s’intéresse à la géologie, la géophysique, la chimie, la cartographie, la climatologie, etc.

L’astrophysique stellaire étudie quant à elle les étoiles. Elle essaye d’expliquer et de comprendre leur naissance, leur développement dans le temps ainsi que leurs structures parfois complexes. Elle fait donc appel à la thermodynamique, la physique des plasmas, la physique nucléaire et l’étude des rayonnements.

L’astrophysique galactique s’intéresse aux galaxies et cherche à connaitre comme pour les étoiles leur formation et leur évolution ainsi que leurs propriétés physiques et leur répartition. La statistique est ainsi fortement utilisée dans cette discipline en plus des autres domaines nécessaires à l’astrophysique stellaire.

 nebuleuse helix

La nébuleuse de l’hélice (aussi appelée l’œil de Dieu) située à 700 années-lumière de la Terre prise par le VLT  © ESO.

La cosmologie est assez emblématique de l’astrophysique grâce à la théorie du Big-bang connue du grand public et très populaire, et parfois vivement controversée (principalement par les créationnistes). La cosmologie s’intéresse comme son nom l’indique au cosmos, c’est-à-dire à l’Univers dans son intégralité (on parlait de cosmos du temps de la Grèce antique, il désignait alors un monde clos ordonné, s’opposant au chaos). Les cosmologistes comme on les appelle essayent de retracer l’histoire de notre Univers vieux de 14 milliards d’années, ce sont un peu les historiens du cosmos. Il ne faut pas oublier que regarder loin dans l’espace revient à regarder loin dans le temps puisque la lumière voyage à une vitesse finie (300 000 km/s). Lorsqu’on regarde une galaxie à 13 milliards d’années-lumière, on la regarde telle qu’elle était il y a 13 milliards d’années (soit quelques centaines de millions d’années seulement après le Big-bang) : il s’agit du temps nécessaire pour que la lumière qu’elle émet atteigne notre œil.

L’astrophysique relativiste permet de comprendre les phénomènes physiques astronomiques qui se déroulent à très haute pression et densité d’énergie ou à des vitesses proches de celles de la lumière comme dans les trous noirs ou les étoiles à neutrons. Ces phénomènes ne sont généralement pas explicables par la physique dite « classique » comme la mécanique newtonienne et doivent faire appel aux théories relativistes comme la relativité générale ou la relativité restreinte, initialement
élaborées par Einstein au début du 20ème siècle.

L’astrophysique nucléaire est une discipline transverse pouvant étudier les étoiles et l’univers lorsque des réactions nucléaires sont réalisées. Le meilleur exemple est la réaction nucléaire de fusion dans les étoiles transformant l’hydrogène en hélium.

L’astrophysique des particules traite les phénomènes des hautes énergies comme l’étude des rayons cosmiques.

 soleil

Le soleil est le siège de puissantes réactions thermonucléaires
de fusion transformant l’hydrogène en hélium. © NASA.


Qui sont les astrophysiciens ?

Les astrophysiciens sont des gens normaux (si si, je vous assure) ayant une formation en physique leur permettant de maîtriser de nombreuses disciplines de la physique telles que la mécanique des fluides, la thermodynamique, la mécanique newtonienne, la mécanique relativiste, la physique des particules, etc. qui sont essentielles pour la compréhension des phénomènes astronomiques très divers et variés.

Aujourd’hui, la majorité des disciplines de l’astrophysique consistent de plus en plus à élaborer des modèles mathématiques basés sur les équations de la physique pour réaliser des simulations numériques sur ordinateurs. Ces simulations permettent de confirmer ou infirmer les différentes théories des astrophysiciens en les comparant avec les observations des astronomes. L’outil informatique et la modélisation sont donc des composantes transverses indispensables à presque toutes les branches de l’astrophysique.

 simu cea

Simulation de la galaxie NGC 4254 (à droite) reproduisant fidèlement la distribution du gaz et la concentration de gaz de Virgo HI21 observé (à gauche). © CEA/SAp.