Archives mensuelles : août 2006

La biométrie, faire de son corps une identité



La biométrie désigne la science des variations biologiques, des phénomènes qui s’y attachent et des problèmes qui en découlent. Souvent couplée avec l’anthropométrie, la biométrie permet d’identifier des personnes selon leurs différences physiques. Pour qu’un caractère soit biométrisable il faut réunir plusieurs conditions, ce caractère doit être :

  • commun à tous les humains (mieux vaut que tout le monde puisse s’identifier)
  • stable dans le temps (votre coupe de cheveux est amené à changer normalement)
  • peu altérable (la voix quand vous êtes malade)
  • facile à enregistrer et accessible (vous n’allez pas vous déchausser à chaque fois pour prendre une empreinte de votre orteil droit)
  • discriminant, spécifique à chaque individu (le fait que vous ayez 10 doigts n’est pas très original)
  • difficile à « frauder »



Comme exemple de caractères étudiés on peut citer les empreintes digitales, l’iris de l’œil, les dents, la forme des lèvres, la chaleur du visage, la démarche, le sang, la voix, la signature dynamique (analysé informatiquement ave pression et angle du stylo). Après il faut discerner deux utilisations principales :

L’identification consiste à chercher les données biométriques d’un individu dans une base de données pour l’identifier et mettre un nom sur cette personne. Par exemple on utilise cette technique dans certains espaces sécurisés pour vérifier que la personne qui entre est bien un employé ayant les droits nécessaires et archiver sa visite.

L’authentification, quant à elle, a pour objectif de vérifier qu’une donnée enregistrée sur un support individuel est bien la même que celle de la personne qui détient ce support, dans ce cas il n’y a pas de création de base de données. Par exemple, cette technique permet de confirmer que votre carte bancaire ou votre carte d’identité vous appartient.



Il y a de nombreux débats sur la biométrie, particulièrement sur le point de vue éthique. Est-ce que ce n’est pas en contradiction avec la liberté des Droits de l’Homme que de recenser toutes les personnes dès leur naissance ? Evidemment en cas d’infraction à la loi, on peut de ce fait retrouver la personne facilement mais un tiers pourrait utiliser ces données à des fins non prévues à cet effet. Une base de données n’est jamais sûre à 100% et il y a donc une possibilité de dérive. Il ne faut pas oublier de respecter la vie privée et l’intimité des gens pour ne pas créer un « Big Brother ». En France, c’est la Cnil (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) qui gère ce genre de problème. La Cnil doit donner son autorisation pour tout système biométrique privé et formule un avis si cette décision émane de l’état.

Pour donner cette autorisation, il y a 3 critères :

  • La nature de la technique
  • Le mode de stockage de l’information
  • Le caractère volontaire ou obligatoire du dispositif

 Ainsi que 2 principes à respecter :

  • La finalité du projet doit être exclusive à tout autre usage.
  • Le risque de dérive encouru lié à la technique choisie doit être à la hauteur de l’impératif de sécurité recherché (pour pénétrer dans le placard à balai d’une station service on va pas imposer une reconnaissance rétinienne )



En 2007-2008, en France, la future carte d’identité nationale électronique sécurisée (Ines) sera obligatoire et payante. Elle sera de la taille d’une carte bancaire et contiendra 2 informations biométriques : les empreintes digitales et le visage.

Les musées qui parlent de Science



Un moyen efficace et ludique pour la vulgarisation scientifique, c’est bien entendu les musées qui parlent de Science. Généralement pourvus de pleins de petites expériences rigolotes pour les enfants avec l’explication d’un phénomène physique. A Paris, on trouve évidemment la Cité des Sciences et de l’Industrie (la Villette, http://www.cite-sciences.fr) et le Palais de la Découverte (http://www.palais-decouverte.fr/) qui constituent les deux principales expositions scientifiques. Il y a toujours une partie fixe avec les expériences et une expo temporaire qui traite d’un sujet d’actualité. Quand j’étais petit j’adorais ces musées, ce sont les seuls où on peut vraiment apprendre en s’amusant et je pense que cet aspect ludique est indispensable pour faire aimer la science aux plus jeunes comme aux moins jeunes. Déjà que les sciences n’ont pas trop la cote en ce moment au niveau des études, si vous avez des enfants, emmenez-les dans ce genre d’endroit, ils s’amusent et découvrent la Science !! Après ils aiment ou pas, chacun son truc, mais ça peut être un élément déclencheur.

Je parle de ce sujet car je suis allé dans une expo de ce genre à Cracovie en Pologne ce mois-ci et j’ai beaucoup apprécié et rigolé. C’était un tout petit musée, nous étions quasiment tout seuls, il n’y avait qu’une grande salle munie d’expériences sur la mécanique, l’électromagnétisme, la mécanique des fluides. On pouvait construire un pont, voir l’influence des leviers, générer un déplacement avec un courant électrique et vice-versa, fabriquer des retenues d’eau pour les barrages, comprendre le phénomène de pression… Chaque expérience était très simple et dotée de l’explication du phénomène de manière vulgarisée. Ce genre de musée n’est vraiment pas très compliqué à mettre en place et c’est très dommage qu’il n’y en ait pas plus dans les villes de tailles modestes car c’est vraiment génial pour les enfants.

Il existe également des manifestations scientifiques ponctuelles pour les adultes et les enfants comme le festival de sciences de Paris-Montagnes qui se tenait du 17 au 25 Juillet à Paris (http://www.paris-montagne.org/). Ce genre d’événement est très prometteur mais pour en trouver en province, ce n’est pas évident. Sur Internet, on peut également trouver des portails scientifiques qui peuvent aider à trouver ce genre d’événements comme le portail http://www.science.gouv.fr/ développé par Alexandre Moatti (voir son blog http://indispensables.over-blog.com/).



 En bref, il faut promouvoir ce genre de musées car ils constituent un élément majeur de la diffusion de la science au grand public, ce que l’on appelle la vulgarisation et qui est à mon avis un aspect primordial (voir mon ancien article Soyons vulgaires avec la Science).