Archives mensuelles : août 2010

Les Hydroliennes

Après les panneaux solaires et les éoliennes, les hydroliennes (ou turbines sous-marines) entrent dans la course aux énergies alternatives renouvelables.

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Le nouveau prototype AK-1000 de 1MW © ATLANTIS

Il y quelques semaines, la société ATLANTIS, un des leaders mondiaux en matière d’hydroliennes, dévoilait en Ecosse son nouveau prototype de 1 MW: AK-1000 (voir cet article). La course aux grosses hydroliennes à l’image des grandes éoliennes qui commence à faire partie de certains de nos paysages est désormais ouverte.

Le principe de fonctionnement

Le principe de l’hydrolienne est d’utiliser les courants sous-marins naturels horizontaux sans avoir recours à de la rétention d’eau, contrairement aux usines marée-motrices qui stockent de l’eau à marée montante pour ensuite réutiliser cette eau à marée descendante. Il faut également les différencier des machines utilisant l’énergie des vagues (soit les mouvements verticaux de la mer). De ce fait, les hydroliennes doivent être situées offshore, posées à environ 30 m de fond de manière à capturer les courants sous-marins là où ils sont maximaux, soit à environ 5 m sous la surface (idéalement entre 2,5 et 4 m/s).

Le principe de fonctionnement est le même que celui des éoliennes, à savoir transformer l’énergie cinétique d’un courant en énergie mécanique en faisant tourner des pâles qui entrainent un alternateur produisant de l’électricité. La différence réside dans le fait que les hydroliennes utilisent les courants de marée  alors que les éoliennes utilisent les vents.

Le fait d’utiliser l’énergie cinétique de l’eau plutôt que celle de l’air est un avantage indéniable car l’eau est 800 fois plus dense que l’air et l’énergie cinétique d’un courant est proportionnelle à cette densité. Ceci implique que les hydroliennes soient beaucoup plus compactes que les éoliennes pour extraire une même puissance. A titre d’exemple, une éolienne de 1 MW mesure environ 120 m de diamètre contre seulement 18m de diamètre pour une hydrolienne !!

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Turbine sous-marine © ATLANTIS

 Hydrolien contre éolien offshore

Si on compare l’éolien offshore et une hydrolienne fonctionnant grâce aux forces de la marée, la partie concernant le raccord au réseau électrique est la même mais la turbine sous-marine est 10 fois plus petite et plus légère pour une puissance équivalente.

Une des principales critiques des éoliennes est la nuisance visuelle et sonore ainsi que le danger que peut représenter ces immenses pales pour les oiseaux. De ce côté, pas de problème pour les hydroliennes qui sont sous l’eau. Les pales des hydroliennes tournent « seulement » entre 8 et 20 tours par minute, mais il faut néanmoins étudier en détail si cela ne peut pas perturber la vie sous-marine, ce qui est aujourd’hui loin d’être évident à cause des trop peu nombreuses études indépendantes à ce sujet. En effet, les turbulences engendrées par les hydroliennes pourraient empêcher le dépôt de sédiments sur les fonds marins et ainsi affecter la faune et la flore marine avoisinante. Il faut également avoir à l’esprit que si une vitesse de rotation de 8 tours par minute parait faible, cela représente une vitesse de 30 km/h au bout d’une pale de 10 m (et 80 km/h
pour 20 tr/min).

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Projet de Plateforme hydrolienne Triton ©TidalStream

La force de la marée est facilement prévisible et anticipable contrairement au vent. De ce fait, les estimations de productions peuvent être beaucoup plus fiables dans le cas des hydroliennes et comme les marées sont distribuées différemment le long des côtes, un agencement intelligent permettrait de fournir une quantité d’énergie assez constante contrairement aux éoliennes qui sont soumises aux fluctuations du vent, même si ce dernier est assez régulier offshore.

Un autre point sensible est l’entretien de ces machines. Les hydroliennes sont immergées dans l’océan, ce qui entraine une difficulté d’accès car il faut généralement sortir de l’eau les différentes pièces à entretenir. De plus, l’eau, le sel, les algues et l’environnement marin sont très corrosifs et demandent un entretien très régulier des machines. La maintenance des hydroliennes est donc en conséquence beaucoup plus difficile, fréquente et coûteuse que sur une installation en plein air comme les éoliennes.

L’énergie hydrolienne disponible en France

Les hydroliennes sont efficaces pour des courants dépassant les 1,5 m/s. Dans le cas de la France, les seuls sites possibles seraient donc le Cotentin et la côte nord bretonne, ce qui est relativement peu au vu de la grande zone littorale disponible en France. Ce sont les Ecossais les mieux servis de ce point de vue avec de nombreux sites offrant des conditions favorables aux forts courants marins, ce pour quoi de nombreux essais sont effectués dans cette région actuellement. Au sujet de l’énergie utilisable en France, Jean-Luc Achard, directeur de recherche au CNRS à Grenoble dit la chose suivante : « Les chiffres cités sur la seule base de l’énergie cinétique théoriquement disponible ne
sont pas sérieux. Le potentiel des courants de marée est probablement supérieur à celui des éoliennes, mais il reste comparable. Au mieux, cela se rapprochera ­ à l’horizon 2050 ­ du grand secteur hydraulique, qui représente 13 % de l’énergie en France par exemple».

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Pale d’hydrolienne SeaGen

 Pour résumé, l’hydrolien est encore dans sa phase expérimentale et doit faire ses preuves lors de la mise en place de premiers prototypes à travers le monde, principalement en mer du Nord où les courants marins sont importants. L’énergie hydrolienne disponible en France est relativement modeste mais permettrait tout de
même une production significative de l’ordre d’un dixième de notre production actuelle. Le prix du kWh est encore très difficile à estimer mais pourrait à terme être de l’ordre de celui de l’éolien, soit environ 5 c€/kWh, ce qui est compétitif face au prix de l’électricité nucléaire.

Univers de Particules : Nouvelle expo au CERN

Une nouvelle exposition permanente intitulée « Univers de Particules » vient d’ouvrir ses
portes au public dans le Globe du CERN. Je viens d’en faire la visite pour vous…

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Depuis maintenant 6 ans, la Confédération Helvétique (ou la Suisse si vous préférez) a fait don du « Palais de l’équilibre », ancien pavillon de l’Expo’02 de Neuchâtel, au CERN (l’Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire située à Genève). Ce globe entièrement construit en bois et mesurant près de 27m de haut et 40m de diamètre a alors été renommé « Globe de la Science et de l’Innovation ». Le Globe constitue à présent un des symboles du CERN par son imposante présence le long de la route et visible la nuit à plusieurs kilomètres grâce à son éclairage nocturne.

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Le Globe de La Science et de l’Innovation du CERN

Le Globe accueillait jusqu’à présent des expositions temporaires au rez-de-chaussée et une salle était disponible à l’étage pour toutes sortes d’évènements scientifiques comme des conférences, des rencontres, des débats et des animations scientifiques autour de la physique des particules et des accélérateurs.

Depuis le 1er juillet, l’exposition « Univers de Particules » est désormais permanente au rez-de-chaussée, exposition bien évidemment gratuite, comme toutes les activités de vulgarisation scientifique du CERN. Cette nouvelle exposition plonge le visiteur dans une atmosphère féérique ou des sphères changeant de couleurs apparaissent dans l’obscurité du Globe. J’ai commencé par m’assoir dans des « fauteuil-œufs » et écouter des physiciens m’expliquer ce qu’est la masse et l’antimatière ou comment notre Univers évolue et fonctionne.

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En continuant mon itinéraire j’ai vu des « morceaux » de détecteurs de particules avec des explications sur leur fonctionnement et comment le CERN a construit et assemblé ces véritables cathédrales High-Tech.

Un peu plus loin, on découvre une table interactive sur le LHC, le plus grand accélérateur de particules du monde qui constitue le dernier projet du CERN. Cette table permet de comprendre son fonctionnement et ses étonnantes caractéristiques qui en font la machine la plus complexe jamais construite par l’homme. On peut ouvrir et fermer différents panneaux explicatifs et les faire défiler ou se les « envoyer » à travers la table à la manière d’un écran de i-phone géant !!

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La Table interactive du LHC permet de découvrir le plus grand accélérateur de particules du monde

 On trouve également une chambre à étincelles qui produit des étincelles rouges à chaque fois que certains rayons cosmiques passent à travers et différentes autres sphères interactives au sujet du LHC et de ses objectifs de recherche.

En résumé, je vous conseille d’y aller faire un tour si vous passer dans le coin de Genève, à savoir que cette exposition est bien complémentaire à l’autre exposition permanente du CERN « Microscosm » située juste en face du Globe.

Références