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Le lycée, la prépa, l’école d’ingénieurs



Ce cheminement lycée/prépa/école d’ingénieurs est le chemin classique pour un ingénieur, c’est en quelque sorte la voie royale mais maintenant on voit de plus en plus de parcours « chaotiques » en passant par la fac, des BTS, des IUT… et puis il y aussi les grandes écoles à prépa intégrée (ESIEE, UTC, INSA…), c’est d’ailleurs ce que j’ai fait. Le fait de pouvoir bifurquer est pas si mal je pense, parce que à 18 ans, je suis pas convaincu qu’un étudiant sache exactement ce qu’il veux faire et puis on évolue beaucoup vers ces ages là. Je prend mon exemple, c’est celui que je connais le mieux : Au lycée j’étais assez bon, mais rien d’extraordinaire, enfin je foutais rien, mais alors vraiment rien du tout. Je voulais être astrophysicien mais c’était trop dur et comme ma passion était l’informatique, je me suis dit que j’allais faire ingénieur informaticien ! Original non ? En fait après 2 années de prépas intégrées dans une école en électricité et en informatique/télécommunication, je me suis rendu compte que l’informatique c’était cool comme outil mais alors en faire mon métier, pas moyen ! J’ai découvert d’autres champs d’application dont je n’avais pas la moindre idée avant. Si mon futur moi était venu me voir pour me dire « tu seras ingénieur en génie électrique et chercheur en automatique » je me serai sans doute jeté par la fenêtre dans la minute, quoique… Enfin tout ça pour dire que c’est toujours difficile de choisir son orientation en terminal. Faire une école généraliste, je trouve que c’est une très bonne chose car ça permet d’explorer un peu toutes les sciences dans leur ensemble et de pouvoir choisir par la suite. L’autre secret, c’est évidemment et lire des magasines et des livres de vulgarisation scientifique (encore eux !!) car ils permettent de faire découvrir les sciences modernes et leurs applications.

 Une personne moyenne au lycée faisant un BTS ou un IUT en réintégrant une école d’ingénieur dernière, pourquoi pas ! Evidemment souvent il faut rattraper les maths et c’est pas toujours évident pour eux mais ils ont du mérite et peuvent bien s’en sortir. Evidemment, la prépa c’est pas rigolo, on nous prend souvent pour des moins que rien (on se rend alors compte que toutes les maths et la physique du lycée c’est vraiment une goutte dans l’océan des sciences). C’est une étape dure à franchir mais souvent, ça vaut le coup et on peut dire qu’on ingurgite pas mal de connaissances en deux ans !! Pour un petit aperçu, je vous propose la chose suivante (pour la plus grande joie des
ésiéens) :

Voici quelques mixes des célèbres commentaires de contrôle de A.L (j’ai tenu à ne pas divulguer son nom bien qu’il ne soit plus prof à l’ESIEE à l’heure actuelle). J’ai fait des copier-coller des meilleurs passages mais tout est authentique et a été distribué par le professeur en question à une centaine d’étudiants de première année préparatoire durant l’année 2001 à l’ESIEE-Amiens. En général, en première année on est un peu perdu dans cette nouvelle vie d’après BAC et ce genre de commentaire fait mal mais j’ai bien rigolé en relisant ça, ça rappelle des bons souvenirs, appelle à tous les Esiéens qui lisent ce blog :

 Avant tout je rappelle ce qu’il y a avait écrit sur l’entête du contrôle :

 « L’avenir est radieux, mais le chemin sera tortueux. »
Mao Tsé-Toung. »

 et maintenant le commentaire de la correction :

« Ce tout premier contrôle d’un niveau moyen de terminal aurait dû permettre d’obtenir une note convenable (au moins la moyenne) à tous les étudiants sachant que,  de plus, le premier exercice était au choix… Tous les calculs étaient simples et les réflexions était du niveau de seconde. Certains exercices étaient même tirés d’un livre de quand j’étais petit. Rares sont les copies où la rédaction est claire. Le plus souvent, la rédaction ressemble à un remplissage méprisant (pour ceux qui ont écrit quelque chose), comme si on jetait une infâme pâtée à un chien…, en se disant qu’il fera lui-même le tri des bons morceaux. La plupart d’entre vous se complique la vie alors que la réponse est toute simple. Compliquer un problème simple revient souvent à dissimuler son ignorance sous des tonnes de calculs infructueux qu’on voudrait faire croire intelligents, mais, comme le dit un proverbe chinois: »une chèvre, même habillée de soie, reste une chèvre »… Il faudra bien comprendre un jour que les mathématiques, contrairement au management, ne se résument pas à d’aimables conversations de salon de thé ou de café du commerce… Et si je puis me permettre de vous donner un conseil, il n’y a qu’une seule « méthode de travail », le travail lui même. On comprendra aisément un jour que mes moyens financiers ne me permettent pas d’acquérir un semi-remorque pour y entasser toutes les copies sur lesquelles on trouve encore toutes ces sortes d’âneries. Mais, étant professeur et non psychanalyste, je n’ai pas compétence à soigner « les névroses d’ échec », mais à juger de la façon la plus équitable possible le travail qui a été fourni. Pour le reste, tentez une psychanalyse, ça coûte cher, mais il paraît qu’on se sent mieux après… » 

 « Ces exercices permettent de distinguer tout de suite les étudiants qui essayent de progresser (même modestement) en travaillant, de ceux qui, comptant sans doute sur leur génie propre, pensent pouvoir s’en sortir ex nihilo. Malheureusement, on ne peut pas, à chaque devoir de math, réinventer en 1h30 le feu, la roue, l’équation du second degré et la relativité générale… Et c’est évident sur ces copies qu’on trouve de l’esbrouffe, c’est a dire des efforts démesurés pour trouver une mystérieuse formule d’intégrale ou de dérivé…qui ne marche pas. Inutile de dire à ces zozos que leurs « génie » virtuel est inversement proportionnel à leur ignorance réelle, en même proportion que leur excès de confiance est à leur travail inexistant, et c’est par là qu’il devrait commencer à s’auto-analyser. Le but d’un étudiant dans un contrôle devrait être de tout faire pour assurer des points et non pas faire exprès d’en perdre! Rares ont été ceux qui on trouvé la solution (en fait, aucun) voici donc la réponse qui était attendue… A.L » 

Vous comprenez qu’avoir 1/20 à un contrôle d’analyse qui est censé être facile, c’est dur à encaisser, mais alors quand on reçoit une correction avec un commentaire de ce type en introduction, on est complètement désespéré et on se dit qu’on est bon à rien. En même temps, c’est un peu ça qui m’a motivé à bosser vraiment parce que c’est vrai qu’en sortant de terminal, personne ne sait bosser et tout le monde se tape des sales notes au début (sauf les petits génies qui énervent tout le monde bien entendu).


Enfin la morale de cette histoire, c’est qu’il faut s’accrocher, ne jamais désespérer, la vie est une chose bien étrange et on arrive toujours à rebondir on ne sait pas trop comment. Enfin le secret, qui est évident mais pas forcément facile à appliquer, c’est de faire quelque chose qui plait, de réfléchir avec sa tête et de faire preuve de bon sens. Si à une question on trouve une température inférieure à 0K, un ampérage supérieur à 1MA ou une relation non homogène, il faut se remettre en question. Trop d’étudiants révisent les veilles de contrôles en apprenant des formules par cœur… Evidemment ça marche un temps mais par la suite, on ne nous demande plus des formules mais de réfléchir !! Il faut tout de même connaître les classiques bien entendu, je ne vais pas vous demandez de re-démontrer à chaque fois les équations de Maxwell mais la plupart des équations sont du bon sens (comme l’équation ci-dessus qui se retrouve en 5s) !!

La science, une histoire de mixeur !

Quand on commence à vraiment étudier les mathématiques, on se dit en toute honnêteté, ça n’a aucune utilité ! Certes, ça forme l’esprit et ça permet de développer la réflexion, la déduction, mais manipuler des espaces vectoriels de dimension 12 et des objets mathématiques loufoques comme les Distributions dans tous les sens, ça ne peut pas avoir d’utilité. Eh bien en général on s’aperçoit de l’utilité de ces outils plusieurs années après, et c’est bien dommage. Le problème de l’utilité des choses que l’on apprend est primordial. Il n’y a rien de plus déprimant que de savoir que ce que l’on fait ne sert á rien. Cette équation est simple dans l’éducation : Utilité = Intéressement. 

Je parle du cloisonnement de l’enseignement des mathématiques de bases, mais il n’y a pas que cela. A l’école, on étudie avec un professeur l’électronique, avec un autre la mécanique, avec encore un autre l’automatique sans parler de celui qui enseigne l’électromagnétisme ou la thermodynamique. Bref, tout est cloisonné, dans un monde bien à part. Chaque matière possède son petit contrôle et une fois le contrôle passé, basta. On ressent bien la présence des mathématiques dans toutes ces disciplines, mais la relation entre l’électromagnétisme et la mécanique, pas trop… Voilà, nous y sommes, le problème est que nous, étudiants, nous ne faisons pas, ou peu, de rapprochements entre toutes les matières alors que ce devrait être essentiel ! Par exemple la plupart des équations de base en mécanique des fluides sont exactement les mêmes qu’en électricité en remplaçant les lettres (le courant devient un débit, la tension une pression, la conservation des énergies sont les mêmes…). Certes, ceci n’est qu’une analogie sans grande importance fondamentale (quoique…) mais il arrive un jour où il va falloir entrer dans la réalité et mettre toutes les matières différentes dans un grand mixeur pour faire un Banana Science Split…

 Par exemple, au hasard, le boulot d’un jeune ingénieur/chercheur est de développer un nouvel alternateur pour les futures voitures d’une certaine marque. Pour cela, il faut bien sûr connaître l’électrotechnique, c’est-à-dire qu’il faut maîtriser l’électricité, l’électronique de puissance  et l’électromagnétisme (soit déjà 3 professeurs et 3 contrôles complètement différents). Ensuite, il faut gérer la théorie du signal, le filtrage (au moins deux autres profs) sans parler de la mécanique pour le fonctionnement et la thermodynamique pour les échauffements (encore 2 profs). Evidemment, il faut contrôler le tout pour le pilotage et aussi s’assurer du bon fonctionnement et des anomalies éventuelles, donc c’est de l’automatique et de la gestion de données (on rajoute facile 2 profs). Il y a également, ça va de soit, toutes les bases en mathématiques, en informatique, en simulation numérique que je n’énumérerai pas, ça serait trop long. Bref, pour ce projet, il faut mixer au moins 9 matières bien distinctes (sans parler des maths et de l’informatique). C’est cela que je reproche un peu à l’enseignement supérieur, bien que je pense avoir bénéficié d’un excellent enseignement, qui, justement, s’efforçait autant que possible de faire des rapprochements, surtout lors des dernières années : normal, c’est ce qu’on appelle un ingénieur il me semble, une personnes ayant une base de connaissances assez larges permettant le développement de nouvelles technologies et de faire preuve d’innovation grâce à cette large palette pour mettre sur pied, par exemple, l’alternateur des voitures de demain.



J’ai d’ailleurs constaté, cette année, en cours de DEA, qu’une connaissance généraliste était un réel atout. Il y avait justement des matières où tout se mélangeait. Les gens issus de la FAC traditionnelle sont sûrement très forts dans leur domaine propre, mais quand il s’agit de faire des choses bien concrètes nécessitant des champs de connaissances divers, ils sont un peu pommés, ce qui est tout à fait normal. Cette année je travaille sur des procédés pétrochimiques et je n’ai jamais fait de chimie de ma vie (enfin si, au lycée mais bon…). En s’y plongeant un peu, ça devient vite compréhensible et pour ce que je dois connaître, je m’en tire sans problème.

Voilà, c’est ça le mixeur, on mélange un peu tout et on y arrive. Le tout, c’est d’avoir les bases solides et d’être ouvert. Les Sciences sont, ils faut l’avouer, tout simplement gigantesques, et aucun être humain normalement constitué ne peut tout assimiler.

Internet, un accès à la culture pour Tous ?

Bon, l’école est gratuite depuis 6 juin 1881, puis le 29 mars 1882 elle devient obligatoire de 6 à 13 ans dans un environnement laïque grâce à Jules Ferry (attention ne SURTOUT pas confondre avec le Ministre de l’Éducation Nationale du gouvernement Raffarin : Luc Ferry, philosophe il paraît). Donc grâce à Jules, c’est l’amorce de la véritable démocratisation de l’enseignement. 

Oui, l’éducation c’est la solution pour se libérer, penser par soi-même. C’est indispensable pour mener une vie de manière autonome. Après, le problème c’est l’accès au savoir, à la culture. Avant cet accès était coûteux et réservé aux classes supérieures. Désormais il y a Internet accessible à tout le monde. Imaginez un peu si les gens d’il y a cinquante ans avaient eu une encyclopédie Wikipedia à portée de main ! Les nantis pouvaient s’acheter une encyclopédie Universalis papier actuellement à 2940€ pour 28 volumes totalisant 30 000 pages alors que l’équivalent en DVD avec tous les Machins multimédias en plus coûte 130€ !! Et oui, dans Universalis vous pouvez dégoter toutes les équations et les explications de toute la physique, la chimie… Enfin c’est dingue quand même ! Surtout quand on voit le prix d’un bouquin de Science ! Je ne sais pas si vous savez qu’un bouquin de physique dans un domaine spécialisé ça coûte la peau des fesses. Dans un cours, cette année on nous demandait un bouquin impossible à trouver en bibliothèque (Non Linear System, Hassan K. Khalil) qui coûte la modique somme de 128$ soit 108€. Evidemment, tout le monde ne peut pas l’acheter !

Mais bon, la culture n’est plus une question d’argent de nos jours mais une question de niveau social et d’intégration. Eh oui, les jeunes qui vivent dans les banlieues peuvent avoir le net et donc un accès gigantesque à la culture mais ils l’utilisent pour aller sur le site Internet de Skyrock ou de Claudia Choux Fleurs (je devrais demander a Skyrock une redirection vers Wikipedia mais ils ne vont pas vouloir à mon avis…). Bon ce n’est pas une généralité bien sûr, je rentre dans des gros clichés et stéréotypes mais il y a un peu de vrai. Je pense qu’on ne se rend pas compte de la chance que l’on a d’avoir à portée de clic le savoir entier de l’Humanité. Il en est de même pour l’information et l’actualité. Etant exilé en Espagne, je peux lire les articles du Monde gratos sur le Net tous les jours et je peux écouter France Inter en live également disposant ainsi de toutes les informations françaises en temps réel, et cela en étant n’importe où dans le monde.

Enfin Internet est peut être comme le disent certains réacs une ouverture à la débauche avec les sites de cul et une possibilité pour les terroristes de communiquer très facilement. Mais pour voir les choses sous cet angle, il faut vraiment être complètement demeuré ! Internet (le système d’interconnexions multiples) a été créé à la base par les Américains pour diffuser des articles scientifiques et le Web (le système permettant de surfer sur des sites Internet avec un navigateur) a été inventé au CERN pour démocratiser l’accès aux informations en facilitant l’usage et en le rendant agréable (un site avec des images bien présentées est tout de même plus agréable qu’un fichier texte rempli de signes cabalistiques). Après il y a forcement des problèmes de législation, de droits et de liberté qui arrivent car le Net n’est pas propriétaire et ne dépend d’aucun pays donc comme tous les pays possèdent des lois différentes eh bien c’est un beau bordel. Quand on voit que le gouvernement chinois a passé des accords avec Google et avec Wikipedia pour interdire la recherche sur certains mots clefs qualifiés « interdits » par le gouvernement, il y a un véritable problème. Exemple de censure Google en Chine : « Démocratie » et « Droits de l’Homme » ça se passe de commentaires…. Reporters Sans frontière réagit face à cet outrage à la liberté d’expression :

“Reporters sans frontières est écoeuré d’apprendre que Google a décidé de lancer en Chine une version censurée de son moteur de recherche. Désormais, les internautes chinois devront se contenter des contenus validés par les autorités de Pékin. Exit les informations sur le Tibet, la démocratie ou les Droits de l’Homme en Chine.”

Mais bon, comme disait Louis de Funès dans un film dont j’ai oublié le titre, “les pauvres sont faits pour être très pauvres et les riches pour être très riches”. Et on pourrait alors dire avec le gouvernement chinois “Les incultes sont faits pour être ignares et les libertés sont faites pour être supprimées”. C’est vraiment triste alors qu’Internet est un formidable outil pour assouvir ses soifs de connaissance…

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Quel avenir pour les Sciences en France ?

Bon, il faut être réaliste, de moins en moins de jeunes après le BAC prennent le chemin des Sciences. En 1960, 33% des étudiants étaient en filières scientifiques, aujourd’hui c’est moins de 20%. Quant aux diplômés supérieurs en Physique-Chimie, c’est une baisse de 37% pour la France dans les 10 dernières années, ce qui reste tout de même inférieur aux 50% de chute chez nos confrères allemands !! Concernant la durée des études, les étudiants sortent diplômés de plus en plus tard mais il y a de moins en moins de doctorants, bizarre non ? Bah oui en général il est classique et faire plusieurs 1ère année et de changer de cursus de temps en temps, quoique ce dernier point est un avantage. En sortant du lycée c’est toujours difficile de savoir ce que l’on veut faire et avoir la possibilité de recommencer est importante.

Au niveau de la rentrée 2004, on a enregistré une baisse de 9% en Sciences. Mais bon, selon les chiffres, il y a une très légère hausse d’étudiants en 3ième cycle, mais 97% de cette hausse, en science, est due aux étudiants étrangers qui viennent en France. En 3ième cycle dans les domaines scientifiques, 30% des étudiants sont de nationalité étrangère. On arrive donc à la conclusion que notre système d’éducation est performant, la France est d’ailleurs très reconnue dans le monde pour les mathématiques. Nous avons d’excellents professeurs, les moyens ne sont pas comparables à ceux des Etats-Unis mais le coût des études n’est pas le même non plus ! Evidemment, les étrangers viennent se former en France, et repartent souvent quand ils ont fini. C’est pareil pour les petits étudiants français, ils partent aux Etats-Unis, en Chine, au Japon, en Angleterre ou en Allemagne où les salaires et avantages sont nettement supérieurs. C’est un grand problème ! Pour ma part, étant toujours étudiant, j’ai fait deux stages dernièrement : un en Suisse et un en Espagne… Il faut voyager, regarder ce qui se passe autour, se tenir au courant, partager et diversifier les expériences  mais si tous les jeunes chercheurs français partent à l’étranger, notre cher pays ne va pas s’améliorer. Quand on voit la paye d’un chercheur ou ingénieur classique au CNRS et des moyens dont il dispose ça fait vraiment peur si on vient de l’industrie ou des Etats-Unis. Je suis pour un mélange, surtout en Science car cela doit avant tout être un échange mais le fait de vouloir partir pour des raisons financières, c’est très dommage. Quand on voit tous les étrangers venant en France, on peut être fiers mais quand on voit tous les chercheurs français qui partent gagner de l’argent et donc amener une plus value aux Etats-Unis, je trouve cela très dommage. Dans mon école, salaire moyen à l’embauche en France : 30K€, salaire d’embauche moyen à l’étranger : 40,5K€. Il y a de quoi se poser des questions… Ensuite, si par chance (ou malchance) un étudiant décide de continuer ses études en faisant un doctorat, soit au moins trois années d’études supplémentaires, et bien le salaire d’embauches chute en dessous des 30K€. Etrange non ? Même formation pendant 5 ans et si on continue encore 3 ans et bah on gagne moins d’argent parce qu’on fait de la Recherche en général. Faut donc être complètement con pour faire ça, c’est pour ça que c’est mon choix J.

On constate 9% de baisse en Science mais une hausse de 10% dans les milieux de la santé dans les universités! Et oui ce sont les domaines comme la génétique, la biologie et la santé qui augmentent. Pourquoi ? d’une part parce qu’ils sont de plus en plus à la mode et qu’ils bénéficient d’un impact médiatique nettement plus important. De plus, les filles font de plus en plus d’études, et sont désormais plus nombreuses que les garçons en ayant également de meilleurs résultats. Evidemment, les Sciences dites « fondamentales » comme la physique, les mathématiques, la chimie n’ont pas la cote car paraissent vieillottes et ennuyeuses en étant en plus difficiles, longues et peu rémunératrices.  Pourquoi s’emmerder à faire plus de 8 ans d’études après le BAC en mathématiques (qui sont généralement difficiles et peu amusantes) pour gagner à la sortie 2 000€ par mois si on a la chance de trouver un boulot alors qu’il suffit de faire un truc à la mode comprenant les mots « qualité », « management » et « innovation » pour se faire 4000 € par mois en quelques années d’études qui ne sont pas des plus difficiles. Certes, tout le monde ne peut pas faire ce genre d’études qui demandent tout de même une personnalité et un certain intellect (quoique quand on voit les gens qui sortent on peut parfois se demander). Et ouais, plus le pays est développé, plus les découvertes scientifiques sont dissimulées dans tous nos appareils sans qu’on s’en rende compte et on en devient blasé. C’est dans « les pays en voie de développement » (j’ai horreur de ce terme, je le trouve vraiment péjoratif mais bon) que les jeunes sont les plus motivés par les Sciences dures comme en Chine, en Inde, au Pakistan…

Autre problème en France, l’organisation des études entre écoles d‘ingénieurs et de commerce avec les universités. Ce système n’existe pas vraiment dans les autres pays. En général il y a des filières « ingénieries » dans les universités, publiques ou privées,  mais pas d’entités comme en France avec le système de classes préparatoires et de grandes écoles plus ou moins prestigieuses. Article du Point selon les grandes écoles :

«Autres lieux , autres mœurs: oral de recrutement au prestigieux CERN de Genève ( l’ organisation européenne pour la recherche nucléaire ). Un jeune Français vient postuler pour un poste d’ ingénieur. Question d’ un juré: « C’ est quoi, l’ X? » Le jeune diplômé cite bien sûr fièrement l’ Ecole Polytechnique. « Mais c’ est quelle université ? insiste son interlocuteur. Vous avez un doctorat? » L’ anecdote, rapportée par un ancien haut fonctionnaire genevois, est révélatrice: les étrangers ne connaissent pas ou connaissent mal notre système des grandes écoles. Et l’ X a beau être le fleuron de notre enseignement scientifique , elle demeure à des années-lumière de la notoriété des grandes universités anglo-saxonnes comme Oxford, Stanford ou le MIT. « 

Mais nos écoles demeurent néanmoins coûteuses en comparaison de l’université française avec une loi assez vraie pour les écoles d’ingénieurs : plus c’est cher, moins l’école est bonne (c’est moins le cas en école de commerce, elles sont toutes chères). Bah oui, à polytechnique, dans les INSA et autres écoles publiques, c’est gratuit alors que dans des écoles bas de gammes il faut payer 10 000€ à l’année !! En gros, on achète un diplôme et plus on paye, moins le diplôme est bon et plus c’est facile de rentrer, logique quoi. Encore faut il différencier les écoles reconnues par l’Etat (membre de la Commission des Titres d’Ingénieurs, il y en a déjà plus de 240) des autres. Bref, ce système est incompréhensible pour les gens de l’extérieur et on espère désormais devenir plus clair avec le système européen LMD (Licence +3, Master +5, Doctorat +8) qui vient de se mettre en place. On constate en général que pour la reconnaissance internationale, il faut des relations, nombreuses, et donc beaucoup d’étudiants. Or, une école d’ingénieurs moyenne sort une centaine de diplômés chaque année et plus de la moitié n’en sortent qu’une cinquantaine. C’est un handicap…