Science et littérature

La littérature parle plus de la science que la science ne parle de littérature, c’est certain (en même temps je ne vois pas comment placer un poème de Baudelaire dans une équation). Attention, je parle ici de la Science dans la littérature, pas des scientifiques qui publient leurs recherches sous formes de livres ou d’essais pour tous. Dans ce dernier cas, je préfère parler de vulgarisation scientifique, c’est à dire donner un aspect ludique et accessible à des contenus scientifiques complexes, dans l’objectif de répandre un savoir, ceci est bien différent et je l’ai déjà abordé dans plusieurs articles (voir Soyons vulgaires avec la Science ! ). Ici je parle des écrivains, romanciers, qui incorporent des éléments scientifiques à leurs écrits. On pense en premier à la Science-Fiction bien entendu, ce genre littéraire permettant d’explorer le futur ou d’autres mondes en se basant sur les technologies actuelles et en imaginant leurs évolutions. Il ne faut pas confondre science-fiction et fantastique, ce dernier étant un genre différent incluant des éléments « magiques » de natures non-expliquées (du style fantôme, forces surnaturelles) provoquant une cassure dans un monde « normal ».

On peut dire que depuis la Grèce antique jusqu’au XVIIième siècle beaucoup de scientifiques étaient aussi des philosophes et la séparation entre science et littérature n’était pas bien distincte. On peut citer Aristote, Archimède (IV et III av J.-C), Copernic (XVI), Galilée, Pascal, Newton, Descartes (XVII). Néanmoins, cette séparation est de plus en plus forte, notamment depuis les Lumières (XVIIIième siècle) où l’ensemble des connaissances sont appréhendées d’un point de vue scientifique « Le progrès passe par les connaissances et le bonheur par les sciences », puis au XIXième où l’arrivée de la vague romantique crée un véritable abîme entre littérature et science.

Désormais on trouve deux catégories de personnes mêlant la littérature et les sciences :

  • Les écrivains issus de formation scientifique (Lewis Carroll, Michel Houellebec…)
  • Les romanciers avides de l’extraordinaire et voulant incorporer des éléments scientifiques (Jules Verne).

On peut retrouver des descriptions de nouvelles technologies, des inventions, et des explications scientifiques actuelles. Jules Verne est évidemment l’exemple phare de cette réussite. Son éditeur disait en 1886 « Son but est, en effet, de résumer toutes les connaissances géographiques, géologiques, physiques, anatomiques amassées par la science moderne, et de refaire, sous forme attrayante et pittoresque qui lui est propre, l’histoire de l’Univers. »

 

 On peut aussi l’utiliser des connaissances actuelles et de les extrapoler dans l’avenir. Je pense au livre de H.G Wells « La machine à explorer le temps » écrit en 1895 (on ne rigole pas). Je ne fais pas allusion à la relativité et au voyage dans le temps vu que ce livre a été écrit avant la relativité mais à ce que découvre notre voyageur en 802 701. Il arrive dans un monde où l’homme a divergé selon deux branches (les Elois et les Morlocks) constituées d’un côté par des faibles décadents et de l’autre par des forts carnivores et brutaux. On ne s’étonnera alors pas que Wells a eu pour professeur d’anatomie Darwin. On retrouve alors dans ce livre de science-fiction une théorie qui a l’époque (et encore parfois maintenant) n’était pas reconnue, la théorie de l’évolution de Darwin. Je ne suis pas certain que tous les lecteurs de l’époque aient noté la présence de la théorie de l’évolution dans le livre mais on peut s’étonner de trouver la défense de théories hautement scientifiques dans de tels ouvrages. Après tout, ce n’est souvent qu’une question de temps pour que la science-fiction devienne science mais encore faut-il avoir de solides connaissances pour envisager des technologies possibles et non des aberrations comme on en trouve beaucoup. Je mets ma main à couper que le style de sabre-laser utilisé dans star-wars n’existera jamais tel qu’il est employé mais un engin de destruction comme l’étoile de la mort qui envoie un gros rayon pour exploser une petite planète, ça ne m’étonnerait pas plus que ça (dans un avenir assez lointain quand même).

On peut bien sûr mêler la science actuelle dans les romans, moi j’aime bien lire un policier où on peut trouver des explications sur les manipulations scientifiques pour retrouver le meurtrier (je pense particulièrement aux romans de Praticia Cornwell qui racontent les aventures de la médecin légiste Kay Scarpetta). On s’endort moins bête le soir et c’est toujours agréable d’apprendre en lisant un roman.


Bref, tout ce texte pour dire que la science utilisée à juste titre ou pas dans la littérature, ça ne peut pas faire de mal. En tout cas, cela permet de s’instruire dans certain cas, d’ouvrir l’esprit et de rêver un peu dans d’autre cas, de s’affranchir des œillères de scientifiques.

3 réponses à “Science et littérature

  1. Mais si mais si, la science parle parfois de litterature, le nombre PI ne se declame-t-il pas en vers ?Quant a la science dans la litterature, le sujet est bien vaste, en plus des auteurs que tu cites, il y a aussi Edgar Poe, Herge, Edgar Jacob, l’auteur de Black et Mortimer… Et tous les auteurs de science fiction qui sont eux-meme scientifiques : Isaac Asimov, Gregory Benford (voir http://voie-lactee.over-blog.com/article-3712784.html), David Brin, Carl Sagan… Autre auteur de science-fiction, Stanislas Lem, auteur de "Solaris", sublime !Les bouquins de Patricia Cornwell, j’ai adore les premiers "Postmortem" et les quelques suivants, qui faisaient une veritable description des methodes de police scientifique. Apres j’ai trouve que ca versait plus dans le banal polar, j’ai arrete.

  2. Bonjour,N’oubliez vous pas François Jacob, auteur mais aussi scientifique qui ecrvit de nombreux ouvrages sur la science défendant parfois la science dans certaines circonstences comme la guerre?Le jeu des possibles est un de ses livres qui collent complètement au sujet

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