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Einstein, un siècle contre lui !

Einstein, un siècle contre lui est le titre du dernier livre de Alexandre Moatti, sorti en Octobre 2007 aux éditions Odile Jacob (je vous conseille en passant le blog d’ A .M. : http://www.maths-et-physique.net/ ).

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Ce livre n’a pas pour ambition d’expliquer les diverses théories développées par Albert Einstein, ni de raconter sa vie mais bien de décrire l’opposition, voire la haine dont il a été la cible pendant tout ce 20ième siècle. Alexandre Moatti argumente ses écrits le plus objectivement possible (certes avec notre recul depuis le 21ième siècle) tout en se basant sur un large éventail de références (pas moins de 72 références bibliographiques sont citées).

J’ai découvert, avec stupeur, à quel point certains scientifiques peuvent avoir peur du changement et de la remise en question de la nature qui nous entoure et qui nous semble familière (notre espace et notre temps). Cette crainte allant jusqu’à la haine profonde pour bon nombre d’entre eux !

A.M. nous narre les persécutions (le mot est adéquat) dont ont été victimes Einstein et les einsteiniens. On parle ici des einsteiniens pour représenter les défenseurs d’Einstein, lequel n’a pas réellement eu de disciples. En France, il n’y a eu vraiment qu’un seul einsteinien: Langevin (celui du fameux paradoxe des jumeaux). On trouve en revanche parmi les opposants de la relativité beaucoup plus de scientifiques (ou pseudo-scientifiques) : des français, des allemands, des soviétiques, des mathématiciens, des physiciens expérimentateurs ou théoriciens (plus rare), des astronomes, des médecins, des philosophes, des politiciens, des communistes, des journalistes, des prix Nobel, pléthore de polytechniciens, des nazis, des aryens, des antisémites, des anti-allemands, des jeunes, des vieux, des matérialistes, des anti-matérialistes, des jaloux, des bornés et des gens comme vous et moi qui ne sont pas forcément spécialistes de physique théorique mais qui donnent leur avis tout de même ! Tous ces adversaires ont peur de cette révolution, attribuant la relativité à une métaphysique, préférant regarder ce qu’elle entraîne sur la vision de notre monde plutôt que la théorie elle-même (qui est belle et bien une théorie physique à part entière) alors qu’Einstein a réalisé tout son cheminement intellectuel, non pas sur la métaphysique mais bien sur les mathématiques et la physique !!

Bref je vous conseille vivement cet ouvrage si vous vous intéressez à l’histoire des sciences du 20ième siècle et plus particulièrement à l’histoire de la relativité.

Réflexions Einsteiniennes 2

Suite du petit jeu avec les citations du bon vieil Albert mais on rajoute un invité surprise.

 Albert, la pensée, la théorie… et Henri ?

Pourquoi Albert est-il célèbre et connu par toutes les classes de population alors que Henri ne l’est que par les scientifiques (Je parle évidemment d’Einstein et de Poincaré) ? Eh bien Einstein avait le chic pour faire des phrases chocs et pour la métaphore, voila pourquoi ! Le génie d’Albert et de Henri sont au même niveau sauf que Albert nous explique la relativité avec un train et un talus ou avec des choses de la vie de tous les jours : « Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité » alors que Henri nous explique comment manipuler des espaces non euclidiens à n dimensions. On sait parfaitement que c’est Poincaré en 1900 qui publie pour la première fois le fameux E=mc2 mais cela passe quasiment incognito alors que Einstein, lui, va venir renverser la pensée publique et ne se cantonne pas qu’aux spécialistes. Albert disait d’ailleurs « Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c’est que vous ne le comprenez pas complètement ».



Mais Henri a aussi ses petites citations, malheureusement moins célèbres mais qui sont dans le même registre que celles d’Albert. Quand Albert dit « Inventer, c’est penser à côté », Henri lui répond « Si c’est par la logique qu’on démontre, c’est par l’intuition qu’on invente ». Tous les deux pensent aux mêmes choses et font preuve de réflexion sur comment réfléchir de façon juste et y a t il une solution ? Albert nous dit « Un problème sans solution est un problème mal posé » et Henri répond : « Il n’y a pas de problèmes résolus, il y a seulement des problèmes plus ou moins résolus ». On voit dans ces deux citations que Bébert (Einstein) est beaucoup plus optimiste que Riton (Poincaré). Je pencherai plus pour la phrase de Riton tout de même bien que Albert nous informe de l’importance de comment poser un problème. Il est certain qu’un problème mal exposé peut paraître irrésoluble alors que la solution pourrait paraître évidente en reformulant le problème initial différemment. Cette méthode est très utilisée en science sous forme « d’astuces » ou « tricks » en anglais. C’est d’ailleurs cela qui entraîne de mauvaises notes à tous les élèves de classes préparatoires. Pour résoudre les problèmes mathématiques il y a toujours une astuce qui ne vient jamais à l’esprit naturellement sauf quand on la connaît déjà et qu’on a l’habitude.

 

Albert parfois nous dit des choses peu communes qui peuvent paraître vraiment douteuses du style « Si les faits ne correspondent pas à la théorie, changez les faits », ici je pense qu’il ne faut évidemment pas prendre la phrase au premier degré : on ne va pas changer des mesures expérimentales pour que ça colle à la théorie bien entendu. Il s’agit je pense de ne pas avoir une confiance absolue dans des mesures car il y a toujours des éléments extérieurs qui peuvent venir perturber la mesure et ainsi introduire un biais. Mais après réflexion Albert prenait peut être la phrase au premier degré, et il a d’ailleurs utilisé cette technique avec la fameuse « constante cosmologique » qui, il faut l’avouer, était pour le moins douteuse. Cette constante introduite dans les équations d’Albert permettait de fixer l’Univers, de lui donner une expansion ou de le réduire, en gros, son comportement dynamique. Et comme Albert voyait dans sa tête un Univers statique il a fixé cette constante à la valeur adéquate, il disait d’ailleurs a son ami Ehrenfest dans une lettre « J’ai encore commis quelque chose à propos de la théorie de la gravitation qui, d’une certaine façon, m’expose au danger de me faire interner dans un asile de fou ». Mais quelques années plus tard on observe un décalage vers le rouge des étoiles ce qui signifie qu’elles s éloignent toutes et donc que notre Univers est en expansion « Si l’Univers n’est pas quasi-statique, alors au diable la constante cosmologique » Il rajoutera même un peu plus tard que cette constante était « la plus grande bêtise de sa vie ». Mais depuis quelques années on ressort cette constante des vieux cartons avec une valeur différente pour prendre en compte l’accélération de l’Univers qui n’est toujours pas comprise, enfin son origine est mystérieuse. Einstein doit se retourner dans sa tombe en redisant  « Rien n’est plus proche du vrai que le faux », il pourrait même rajouter avec un grand sourire en tirant la langue que « La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne… et personne ne sait pourquoi ! »

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Suite du petit jeu avec les citations du bon vieil Albert mais on rajoute un invité surprise. Albert, la pensée, la…

Réflexions Einsteiniennes 1

Bon le jeu est simple : On prend des citations d’Albert (Einstein) qui sont  toutes en générale assez drôles et on essaye de voir ce qu’il y a dedans… Evidemment une citation, c’est un bout de phrase (choc) hors de son contexte donc c’est toujours dangereux à analyser…

J’invite les éventuels lecteurs, à donner également leurs opinions pour d’autres interprétations en commentaire. Je tiens a remercier H.Dugenoud pour m’avoir envoyé un diaporama avec des citations d’Albert, c’est ça qui m’a donné l’idée…

Pour avoir une vue de toutes les citations d’Albert :  

http://fr.wikiquote.org/wiki/Albert_Einstein

Einstein, Dieu, Hasard



Je rappelle avant tout que Albert est issu d’une famille juive et que la religion l’a beaucoup tourmenté, elle a amené beaucoup de questions et aussi beaucoup de motivation dans sa vie.

Dieu et le hasard reviennent sans cesse dans la bouche d’Einstein, on pourrait presque croire qu’il était obsédé par le fait de ne pas trouver Dieu dans ses équations : « Je veux connaître les pensées de Dieu ; tout le reste n’est que détail ». Pour lui l’Univers ne peut être une source de hasard, tout est trop bien agencé : « Ce qui est incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible ». Les mathématiques permettent de décrire la nature, il y a forcément une entité intelligente derrière : « Ce qui m’intéresse vraiment c’est de savoir si Dieu avait un quelconque choix en créant le monde ». Dans cette dernière citation il parle de Dieu comme si il l’avait déjà rencontré. Ce qui est d’ailleurs très étrange c’est que la mécanique quantique est issue en petite partie des travaux d’Einstein sur la théorie des Quanta (qui en l’occurrence l’a récompensée d’un prix Nobel) alors que lui même n’y croyait absolument pas car tout est dépendant de probabilité, donc de hasard, et c’est à cette occasion qu’il cite sa plus célèbre phrase : « Dieu ne joue pas aux dés », la physique quantique était une aberration philosophique et scientifique pour lui. Je pense qu’il serait bien étonné de voir à quel point cette théorie a fait ses preuves et commence à se développer partout. D’un autre côté, ce bon vieux Albert nous a aussi dit « Définissez-moi d’abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j’y crois ». Il est donc en partiel désaccord avec ce que les gens entendent par Dieu.

Mais bon, c’est trop tard pour lui demander ce que lui, il entendait par Dieu… En tout cas, il définissait le hasard à partir de Dieu : « Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito ». Mais ça ne s’arrête pas là, pour Albert, la religion était presque son fer de lance et cette conviction lui donnait la foi pour progresser dans la Science : « J’affirme que le sentiment religieux cosmique est le motif le plus puissant et le plus noble de la recherche scientifique ». On est donc amené à penser que la Science s’arrêtera lorsqu’elle découvrira Dieu : « L’escalier de la science est l’échelle de Jacob, il ne s’achève qu’aux pieds de Dieu ». Personnellement, je pense que, en prenant cette dernière citation en référence,  la Science n’est pas prête de s’arrêter et ne se terminera certainement jamais… Mais je me demande pourquoi les gens qui ont la foi (je ne connais pas trop ce genre de truc, je suis un athée fondamentaliste) pensent que nous avons un but à accomplir au cours de notre vie comme le pensait  Einstein : « En apparence, la vie n’a aucun sens, et pourtant, il est impossible qu’il n’y en ait pas un ! ». Nous pourrions simplement être de petites ‘crottes’ issues d’un formidable hasard de la physique et de la biologie. Cette idée ne me dérange pas, et si on a un but dans la vie, eh bien c’est un but personnel ou un but de survie pour notre espèce. Par exemple essayer d’améliorer la vie sur Terre pour le bonheur des autres en évitant de trop polluer notre planète poubelle pour la préserver dans le futur, c’est ce que j’appelle un instinct de survie de l’espèce. Sinon tout le monde serait égoïste et s’entretuerait (zut ça ressemble un peu à la réalité).

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