Quel avenir pour les Sciences en France ?

Bon, il faut être réaliste, de moins en moins de jeunes après le BAC prennent le chemin des Sciences. En 1960, 33% des étudiants étaient en filières scientifiques, aujourd’hui c’est moins de 20%. Quant aux diplômés supérieurs en Physique-Chimie, c’est une baisse de 37% pour la France dans les 10 dernières années, ce qui reste tout de même inférieur aux 50% de chute chez nos confrères allemands !! Concernant la durée des études, les étudiants sortent diplômés de plus en plus tard mais il y a de moins en moins de doctorants, bizarre non ? Bah oui en général il est classique et faire plusieurs 1ère année et de changer de cursus de temps en temps, quoique ce dernier point est un avantage. En sortant du lycée c’est toujours difficile de savoir ce que l’on veut faire et avoir la possibilité de recommencer est importante.

Au niveau de la rentrée 2004, on a enregistré une baisse de 9% en Sciences. Mais bon, selon les chiffres, il y a une très légère hausse d’étudiants en 3ième cycle, mais 97% de cette hausse, en science, est due aux étudiants étrangers qui viennent en France. En 3ième cycle dans les domaines scientifiques, 30% des étudiants sont de nationalité étrangère. On arrive donc à la conclusion que notre système d’éducation est performant, la France est d’ailleurs très reconnue dans le monde pour les mathématiques. Nous avons d’excellents professeurs, les moyens ne sont pas comparables à ceux des Etats-Unis mais le coût des études n’est pas le même non plus ! Evidemment, les étrangers viennent se former en France, et repartent souvent quand ils ont fini. C’est pareil pour les petits étudiants français, ils partent aux Etats-Unis, en Chine, au Japon, en Angleterre ou en Allemagne où les salaires et avantages sont nettement supérieurs. C’est un grand problème ! Pour ma part, étant toujours étudiant, j’ai fait deux stages dernièrement : un en Suisse et un en Espagne… Il faut voyager, regarder ce qui se passe autour, se tenir au courant, partager et diversifier les expériences  mais si tous les jeunes chercheurs français partent à l’étranger, notre cher pays ne va pas s’améliorer. Quand on voit la paye d’un chercheur ou ingénieur classique au CNRS et des moyens dont il dispose ça fait vraiment peur si on vient de l’industrie ou des Etats-Unis. Je suis pour un mélange, surtout en Science car cela doit avant tout être un échange mais le fait de vouloir partir pour des raisons financières, c’est très dommage. Quand on voit tous les étrangers venant en France, on peut être fiers mais quand on voit tous les chercheurs français qui partent gagner de l’argent et donc amener une plus value aux Etats-Unis, je trouve cela très dommage. Dans mon école, salaire moyen à l’embauche en France : 30K€, salaire d’embauche moyen à l’étranger : 40,5K€. Il y a de quoi se poser des questions… Ensuite, si par chance (ou malchance) un étudiant décide de continuer ses études en faisant un doctorat, soit au moins trois années d’études supplémentaires, et bien le salaire d’embauches chute en dessous des 30K€. Etrange non ? Même formation pendant 5 ans et si on continue encore 3 ans et bah on gagne moins d’argent parce qu’on fait de la Recherche en général. Faut donc être complètement con pour faire ça, c’est pour ça que c’est mon choix J.

On constate 9% de baisse en Science mais une hausse de 10% dans les milieux de la santé dans les universités! Et oui ce sont les domaines comme la génétique, la biologie et la santé qui augmentent. Pourquoi ? d’une part parce qu’ils sont de plus en plus à la mode et qu’ils bénéficient d’un impact médiatique nettement plus important. De plus, les filles font de plus en plus d’études, et sont désormais plus nombreuses que les garçons en ayant également de meilleurs résultats. Evidemment, les Sciences dites « fondamentales » comme la physique, les mathématiques, la chimie n’ont pas la cote car paraissent vieillottes et ennuyeuses en étant en plus difficiles, longues et peu rémunératrices.  Pourquoi s’emmerder à faire plus de 8 ans d’études après le BAC en mathématiques (qui sont généralement difficiles et peu amusantes) pour gagner à la sortie 2 000€ par mois si on a la chance de trouver un boulot alors qu’il suffit de faire un truc à la mode comprenant les mots « qualité », « management » et « innovation » pour se faire 4000 € par mois en quelques années d’études qui ne sont pas des plus difficiles. Certes, tout le monde ne peut pas faire ce genre d’études qui demandent tout de même une personnalité et un certain intellect (quoique quand on voit les gens qui sortent on peut parfois se demander). Et ouais, plus le pays est développé, plus les découvertes scientifiques sont dissimulées dans tous nos appareils sans qu’on s’en rende compte et on en devient blasé. C’est dans « les pays en voie de développement » (j’ai horreur de ce terme, je le trouve vraiment péjoratif mais bon) que les jeunes sont les plus motivés par les Sciences dures comme en Chine, en Inde, au Pakistan…

Autre problème en France, l’organisation des études entre écoles d‘ingénieurs et de commerce avec les universités. Ce système n’existe pas vraiment dans les autres pays. En général il y a des filières « ingénieries » dans les universités, publiques ou privées,  mais pas d’entités comme en France avec le système de classes préparatoires et de grandes écoles plus ou moins prestigieuses. Article du Point selon les grandes écoles :

«Autres lieux , autres mœurs: oral de recrutement au prestigieux CERN de Genève ( l’ organisation européenne pour la recherche nucléaire ). Un jeune Français vient postuler pour un poste d’ ingénieur. Question d’ un juré: « C’ est quoi, l’ X? » Le jeune diplômé cite bien sûr fièrement l’ Ecole Polytechnique. « Mais c’ est quelle université ? insiste son interlocuteur. Vous avez un doctorat? » L’ anecdote, rapportée par un ancien haut fonctionnaire genevois, est révélatrice: les étrangers ne connaissent pas ou connaissent mal notre système des grandes écoles. Et l’ X a beau être le fleuron de notre enseignement scientifique , elle demeure à des années-lumière de la notoriété des grandes universités anglo-saxonnes comme Oxford, Stanford ou le MIT. « 

Mais nos écoles demeurent néanmoins coûteuses en comparaison de l’université française avec une loi assez vraie pour les écoles d’ingénieurs : plus c’est cher, moins l’école est bonne (c’est moins le cas en école de commerce, elles sont toutes chères). Bah oui, à polytechnique, dans les INSA et autres écoles publiques, c’est gratuit alors que dans des écoles bas de gammes il faut payer 10 000€ à l’année !! En gros, on achète un diplôme et plus on paye, moins le diplôme est bon et plus c’est facile de rentrer, logique quoi. Encore faut il différencier les écoles reconnues par l’Etat (membre de la Commission des Titres d’Ingénieurs, il y en a déjà plus de 240) des autres. Bref, ce système est incompréhensible pour les gens de l’extérieur et on espère désormais devenir plus clair avec le système européen LMD (Licence +3, Master +5, Doctorat +8) qui vient de se mettre en place. On constate en général que pour la reconnaissance internationale, il faut des relations, nombreuses, et donc beaucoup d’étudiants. Or, une école d’ingénieurs moyenne sort une centaine de diplômés chaque année et plus de la moitié n’en sortent qu’une cinquantaine. C’est un handicap…

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